Sommeil et fibromyalgie : le cercle vicieux

[23 novembre 2011 - 12h19] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h48]

Les troubles du sommeil augmentent-ils le risque de voir apparaître ou se développer un syndrome fibromyalgique ? Une équipe norvégienne a mis en évidence un lien jusqu’ici insoupçonné entre ce dernier – qui affecterait entre 1,2 et 3 millions de Français – et la présence de réveils nocturnes récurrents.

L’étude en question a été conduite auprès de 12 350 femmes suivies pendant dix ans. Une cohorte robuste si l’on considère la taille de la population norvégienne (environ 4,6 millions d’habitants). A la Norwegian University of Science and Technology d’Oslo, les Dr Paul Mork et Tom Nilsen ont travaillé à partir de cette cohorte, composée de femmes « âgées de 20 ans et plus ». Aucune ne souffrait de troubles musculo-squelettique (TMS), ni de douleurs chroniques. En tout cas, au début du suivi.

Dix ans plus tard, les résultats montrent que 327 participantes ont développé un syndrome fibromyalgique. Soit 2,6% de la cohorte initiale. Ce qui est remarquable également, c’est que le risque paraît accru chez les femmes de 45 ans et plus se plaignant de troubles du sommeil. Qu’il s’agisse d’insomnies ou encore de réveils nocturnes particulièrement fréquents. D’après le Dr Mork, « le risque de survenue d’un syndrome fibromyalgique serait même proportionnel à la sévérité des troubles du sommeil rapportés par les patientes. »

La fibromyalgie : des causes multiples

Associant douleurs musculo-squelettiques diffuses, fatigue et manque de sommeil, la fibromyalgie concernerait environ deux millions de personnes en France, mais les estimations divergent avec une « fourchette » particulièrement large, de 1,3 à 3 millions. Neuf fois sur dix, la maladie concerne une femme.

Perturbation des médiateurs de la douleur, prédisposition génétique, contexte dépressif… il semble que bien des facteurs entrent en compte dans le développement de ce syndrome.

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), il n’existe pas de traitement bien établi. « Seule une prise en charge pluridisciplinaire, précoce et graduée permet de répondre en partie aux attentes des patients » souligne la Haute Autorité. Elle ajoute également, que la pratique régulière d’une activité physique, ainsi que la balnéothérapie, pourraient contribuer à l’amélioration des symptômes. Sans oublier donc, une meilleure qualité de sommeil.

Pour en savoir plus sur la fibromyalgie, consultez le site de l’association Fibromyalgie France à l’adresse : www.fibromyalgie-france.org.

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