Gagner en masse musculaire et donc en performance, tel est le leitmotiv de sportifs adeptes de compléments alimentaires. Selon l’ANSES, ces pilules présentent une efficacité toute relative, mais exposent chez les sujets fragiles à une dégradation générale de l’état de santé. Et les sportifs amateurs ne sont pas épargnés.

 Ingérés pour diminuer le taux de graisse et augmenter la masse musculaire, les compléments alimentaires consommés par les sportifs favorisent le risque de troubles cardiovasculaires (tachycardie, arythmie et accident vasculaire cérébral). Ils fragilisent aussi la santé psychique en exposant les consommateurs réguliers à des troubles anxieux et de l’humeur. Des informations confirmées par le dispositif de nutrivigilance de l’ANSES à partir de 49 signalements d’effets indésirables.

Des profils à risque

Tout sportif présentant une fragilité « cardiovasculaire, une cardiopathie, une altération de la fonction rénale, hépatique ou présentant des troubles neuropsychiatriques » doit éviter l’usage de ces compléments. De manière générale, la prise doit être en adéquation avec « le statut nutritionnel, l’état de santé et les objectifs visés ». D’autant qu’au regard de ces risques et « de l’absence de données d’efficacité scientifiquement démontrées, les bénéfices escomptés (…) semblent hypothétiques ».

Conseils à suivre

L’ANSES déconseille également « la consommation de compléments alimentaires à base de caféine avant et pendant une activité sportive », ainsi que l’usage « concomitant  de plusieurs [gélules] ou leur association avec d’autres médicaments ».  Il est aussi recommandé à tout sportif envisageant de se procurer des stimulants d’en parler à un professionnel de santé, un entraîneur ou un préparateur physique. Toute consommation doit par ailleurs être signalée au médecin ou au pharmacien.

Autres priorités, veiller à la circulation de produits « frauduleux, mis en vente sur Internet, susceptibles de conduire à des contrôles anti-dopage positifs, d’induire des effets sur la santé ». A ce sujet, seuls les compléments estampillés de la norme AFNOR NF 94-001 (juillet 2012) correspondent aux critères légaux de mise en vente. Enfin dernier levier, améliorer la formation des professionnels de  santé en nutrition sportive pour muscler la prévention. Et stopper la banalisation de produits dont la pertinence de distribution sur les sites de pratique sportive devrait, selon l’ANSES, « faire l’objet d’une réflexion par les pouvoirs publics ».

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