Sport et contraception : en finir avec les idées reçues

[08 mars 2011 - 12h07] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h43]

Selon une étude réalisée en 2009 à l’Institut national du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP), les sportives françaises recourent moins volontiers à la contraception que les autres femmes. Elles sont 60% dans ce cas, au lieu de 77% en moyenne nationale. Pourquoi ? C’est la peur de prendre du poids, en fait, qui ferait reculer un nombre non-négligeable de sportives. Le point avec le Dr Carole Maître, gynécologue à l’INSEP.

Prise de poids et contraception. « La prise de poids sous pilule, est un facteur majeur d’abandon de la contraception », explique-t-elle. « C’est en effet la raison invoquée par le tiers des sportives ». C’est surtout vrai de celles qui pratiquent l’athlétisme, ou une discipline dans laquelle existent des catégories définies en fonction du poids : judo, karaté, boxe anglaise…

En fait, « de nombreuses publications confirment l’intérêt d’un choix éclairé de la contraception pour une sportive ». Elle se veut pourtant rassurante, aussi bien pour les sportives que « si besoin, les entraîneurs. Le choix d’une contraception monophasique –dans laquelle chaque prise est dosée à l’identique, n.d.l.r.- avec moins de 35 microgrammes d’éthynil estradiol et un progestatif de 3ème génération ou de la drospirénone, ne modifie pas le pourcentage de masse grasse ».

Et la performance ? Comme l’explique Carole Maître, « plus de huit sportives sur dix craignent que leurs règles ne surviennent en cours de compétition ». Elles redoutent non seulement les douleurs qui les accompagnent- ce que les spécialistes appellent des dysménorrhées – mais surtout le syndrome prémenstruel. Ce dernier rappelons-le, se définit par l’ensemble des symptômes survenant à l’approche des règles : fatigue, sensation de jambes lourdes, plus grande sensibilité au stress voire mal être… Ces troubles naturellement, sont peu compatibles avec la recherche d’une performance optimale…

Pour éviter que ces désagréments ne surviennent au moment d’une compétition, les jeunes femmes peuvent décaler leurs règles. Il leur suffit d’enchaîner deux plaquettes d’affilée, une stratégie sans risque mais qui n’est possible qu’avec des pilules monophasiques. Carole Maître insiste : « choisie et adaptée au profil hormonal de la sportive, la contraception estroprogestative n’influence pas la performance ».Voilà pourquoi, le choix doit être discuté avec son médecin ou son gynécologue.

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