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Saviez-vous que l’orthodontie n’est réservée ni aux enfants, ni aux adolescents ? De nombreux adultes osent désormais se lancer dans un traitement pour corriger des problèmes d’alignement, d’occlusion (l’emboîtement des dents de la mâchoire inférieure avec celles de la mâchoire supérieure) ou de mâchoire. « Notre but est essentiellement fonctionnel. Nous intervenons rarement pour un but à visée esthétique. Même si l’esthétique est la conséquence heureuse d’une bouche qui fonctionne bien », prévient d’emblée le Dr David Couchat, porte-parole de la fédération française d’orthodontie et attaché d’enseignement à l’hôpital Bretonneau (Paris).
« Il existe actuellement trois grands dispositifs à destination des adultes pour redresser leurs dents », note le spécialiste.
Les aligneurs : « il s’agit de gouttières thermoformées, transparentes et réalisées sur mesure, à partir d’un modèle en 3D. Ces dispositifs présentent plusieurs avantages : ils sont discrets, ne génèrent pratiquement pas de douleurs, sont très confortables. Les mouvements sont bien contrôlés, lents et doux. Les gouttières sont amovibles, ce qui est très favorable pour l’hygiène bucco-dentaire et les rendent socialement plus acceptables que les bagues ». Mais ces dispositifs présentent aussi des inconvénients. « Si la personne ne s’astreint pas à toujours porter ses gouttières, il n’y aura pas de résultats. Sans une bonne observance du traitement, cela ne peut pas fonctionner. »
Les bagues linguales : elles sont disposées du côté de la langue, sur la face interne des dents. « Elles sont très efficaces sur tous les mouvements des dents mais il s’agit d’un dispositif douloureux, pour la langue notamment, difficile à nettoyer. Les séances de pose sont longues et fastidieuses… Les bagues linguales sont désormais moins utilisées aux Etats-Unis, qui font les tendances, et tendent à se raréfier en France, même si leur efficacité est reconnue. »
Les bagues vestibulaires : celles-ci sont disposées sur la face visible des dents. « Elles sont plus confortables que les bagues linguales même si cela peut être un peu douloureux pour les lèvres. Elles sont aussi très efficaces mais souvent jugées inesthétiques. Toutefois, les bagues en céramique sont tout de même moins visibles. »
Le grand avantage des bagues, linguales ou vestibulaires, est qu’il s’agit de dispositifs fixes qui favorisent l’observance du traitement. « On aura toutefois besoin du patient pour l’hygiène, il faut être extrêmement vigilant sur ce point, et aussi s’il doit porter des élastiques », souligne le Dr David Couchat.
Les trois dispositifs sont généralement adaptés à toutes les situations. Toutefois, dans les cas les plus difficiles, des gouttières seules peuvent ne pas suffire. « Les aligneurs ont parfois du mal à contrôler certains mouvements et à modifier les axes des dents, c’est-à-dire les racines, essentiellement celles des molaires qui présentent de plus grosses racines. On peut alors utiliser des dispositifs hybrides, des élastiques, des mini-vis d’ancrage ou des sectionnels (fils placés entre quelques bagues pour agir localement, ndlr) qu’on ajoute sur les dents du fond. »
« Les tarifs sont très variables d’un patient à l’autre et il faut bien avoir en tête qu’après 16 ans en France, il n’y a pas de prise en charge par la Sécurité sociale d’un traitement d’orthodontie sauf en cas de chirurgie associée. Mais certaines mutuelles proposent un remboursement », précise le spécialiste.
Ces dispositifs ne coûtent pas le même prix, en fonction de la fabrication, du temps nécessaire à la pose… Ainsi, les bagues vestibulaires en métal seront les moins chères, suivie de celles en céramique, puis les aligneurs et les bagues linguales.
Dernier point, l’âge du patient est évidemment à prendre en compte. La prise en charge ne sera pas la même pour un adulte de 35 ans que pour un autre de 65 ans. « Les séniors représentent une nouvelle catégorie de patients qu’on reçoit de plus en plus au cabinet. Il faut savoir que plus on agit tôt, plus c’est facile d’intervenir sur une bouche. En vieillissant, les cellules se renouvellent moins vite, les tendons sont moins élastiques – comme la peau – les artères se durcissent… La prise en charge est évidemment possible, elle est seulement différente, avec une calibration des mouvements plus douce et un suivi plus régulier pour s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes sur les gencives, que les dents ne se déchaussent pas… », conclut le Dr David Couchat.

Source : Interview du Dr. David Couchat

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet