Au football américain, les dommages cérébraux n’apparaissent pas uniquement après des chocs importants. Au terme d’une nouvelle étude américaine, des auteurs mettent en avant les effets sournois des petits chocs à répétition. « Ceux de tous les jours », que ce soit en match ou à l’entraînement. 

Le Pr Brad Mahon et ses confrères de l’université Carnegie Mellon et du centre médical de l’Université de Rochester (Etat de New York) scrutent depuis plusieurs années les joueurs de football américains. En particulier les chocs et autres contacts rugueux dont ils sont victimes, entraînant potentiellement des risques de commotion cérébrale.

« Dans la perception du grand public, seul les contacts forts et spectaculaires seraient dangereux », souligne le scientifique. « Ils le sont effectivement. Mais l’accumulation de petits coups est aussi néfaste sur le plan du cerveau. » Pour s’en rendre compte, il a suivi 38 joueurs universitaires, le temps d’une saison. Tous ont été soumis à un examen cérébral d’imagerie par résonnance magnétique (IRM), deux semaines avant le premier match. Puis, une semaine après. Durant toute la saison, ils ont également porté un capteur dans leur casque, de façon à mesurer leurs accélérations.

Pas seulement le football américain 

Au final, les scientifiques ont observé, ce qu’ils appellent une « diminution de l’intégrité cérébrale », parmi les deux tiers des joueurs. Celle-ci serait d’autant plus importante que le nombre de coups reçus serait élevé. Les dommages en question concerneraient particulièrement la substance blanche. Cette structure comprend les gaines de myéline, qui sont indispensables à la conduction du signal nerveux.

Des résultats inquiétants, qui restent à confirmer à plus large échelle. Mais les auteurs n’hésitent pas, d’ores et déjà, à appeler au lancement d’études longitudinales ciblant « d’autres athlètes pratiquant des sports de contact ». Comme le rugby en Europe ?

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