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Le concept de troubles de stress post-traumatique (TSPT), tel qu’’on les connaît aujourd’hui, a été défini en 1980 à la suite des effets dévastateurs observés parmi les vétérans américains de la guerre du Vietnam. Ils peuvent affecter ceux qui ont vécu des événements traumatisants tels que des combats, agressions, catastrophes naturelles, prises d’otages, annonce d’une mort violente ou inattendue ou qui ont été témoins d’accidents graves. Toutes ces personnes ont en commun d’avoir vécu ces événements comme des sources de stress intense ou de terreur, se sentant impuissantes face à la situation.
En France, des enquêtes réalisées avec l’Inserm ont évalué les conséquences des attentats de janvier 2015 (Charlie Hebdo, Hyper Casher, Montrouge, Dammartin-en-Goële). 6 à 18 mois après, 18 % des témoins présentaient des symptômes de stress post-traumatique, avec une prévalence allant de 3 % parmi ceux présents à proximité et jusqu’à 31 % chez ceux directement menacés (enquêtes IMPACT). 3 % des intervenants (policiers, soignants, etc.) étaient aussi affectés par des troubles anxieux et dépressifs.
L’état de stress post-traumatique est un dysfonctionnement, une distorsion de la mémoire, comme le rappelle Francis Eustache (neuropsychologue, Inserm-EPHE)*. Il explique : certains aspects de l’événement traumatisant sont mal encodés dans la mémoire, ce qui peut ressembler à de l’amnésie. Cela peut entraîner des troubles de mémoire ultérieurs. De plus, l’état de stress traumatique peut provoquer une forme d’hypermnésie (retour involontaire et intense de souvenirs, dans ce cas traumatisants) : des pensées et des images intrusives s’imposent à l’individu. Ces images donnent l’impression d’être vécues au présent par le sujet.
Le diagnostic associe reviviscence, évitement et activité neurovégétative. Qu’est-ce que cela signifie ?
La majorité des personnes se rétablissent dans les trois mois suivant l’événement, mais 20 % développent une forme chronique du syndrome. Les facteurs favorisants peuvent être préexistants tels que les expériences douloureuses antérieures, la sensibilité à la peur, la personnalité, l’état de santé physique et mentale. Des facteurs génétiques ou épigénétiques (qui modulent l’expression des gènes) peuvent influencer la plasticité du cerveau en réorganisant les connexions et les réseaux neuronaux. L’événement traumatique lui-même entre en jeu (sévérité, impact émotionnel, conséquences physiques), ainsi que le contexte post-traumatique (soutien psychologique, social et familial, présence de stress ou de douleurs chroniques).
L’efficacité des médicaments, notamment des inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine, dans le traitement des troubles psychotraumatiques est reconnue. Toutefois, il doit toujours être combiné à une psychothérapie. Parmi les approches efficaces, on trouve les thérapies comportementales et cognitives (TCC), l’EMDR (Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires), les psychothérapies psychodynamiques notamment.
Source : Étude IMPACTS : novembre 2018 | BEH 38-39 Les attentats de 2015 en France : mesurer leur impact en santé publique pour mieux préparer la réponse ; Troubles du stress post-traumatique* (Inserm, 2020, consulté le 17/07/24) ; Quels sont les traitements médicamenteux de l'état de stress post-traumatique ? Publié le 29 avril 2019 par Santé publique France ; Quels sont les moyens de soutien médico-psychologique après un attentat ? Publié le 29 avril 2019 par Santé publique France.
Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet