Il épuise et isole… malgré son impact bien réel dans le quotidien, le syndrome de fatigue chronique souffre encore de nombreuses controverses. Notamment sur son origine inflammatoire. Mais des chercheurs américains viennent de découvrir 17 biomarqueurs associés à l’apparition de ce syndrome.

Aux Etats-Unis, plus d’un million de patients souffrent du syndrome de fatigue chronique. Pour en savoir plus sur son origine, des chercheurs de l’Université de Standford ont analysé 192 échantillons sanguins de patients atteints de cette maladie et 392 prélèvements ont constitué le groupe contrôle. La moyenne d’âge des patients était de 50 ans et la plupart des volontaires avaient appris leur maladie depuis plus de 10 ans.

Résultat, des prédispositions génétiques ont été observées. « Le syndrome de fatigue chronique serait lié à l’expression de 17 protéines ou cytokines différentes du système immunitaire, dont 1 à caractère pro-inflammatoire. La concentration sanguine de ces dernières influerait donc sur le degré de sévérité de la maladie », déclarent les scientifiques. « La découverte de ces biomarqueurs permet d’y voir plus clair sur les conditions dans lesquelles le syndrome peut survenir et s’aggraver ». A terme, il s’agira de mieux le prévenir mais aussi d’anticiper au mieux le diagnostic et donc améliorer la prise en charge.

Deux périodes de la vie à risque ?

Les symptômes (problèmes cardiaques, confusions mentales, diarrhée, constipation, douleurs musculaires…) du syndrome de fatigue chronique peuvent se déclarer à deux périodes de la vie : à l’adolescence entre 15 et 20 ans ou à l’âge adulte entre 30 et 35 ans. Et cette maladie perdure pendant des décennies. « Elle peut transformer une vie active en isolement et dépendance », explique le Pr Jose Montoya, expert en maladies infectieuses et auteur de l’étude. « Des rétablissements spontanés peuvent survenir la première année mais rarement si le syndrome se maintient pendant plus de 5 ans. »

A ce jour, des antiviraux, anti-inflammatoires et modulateurs de la réponse immunitaire sont prescrits contre le syndrome de fatigue chronique, également connu sous le terme encéphalomyélite myalgique. Mais aucun de ces traitements ne permet de guérison totale. Les trois-quarts des patients sont des femmes mais il n’existe encore aucune explication quant à cette élévation du risque liée au sexe.

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