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Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui touche environ 3,5 % des adultes, selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est caractérisé par une incapacité à soutenir l’attention et des niveaux inappropriés d’hyperactivité et d’impulsivité.
Les démences liées à l’âge, pour leur part, affectent environ 55 millions de personnes dans le monde.
« Des études épidémiologiques récentes montrent que les adultes souffrant de TDAH ont un risque plus élevé de démence à un âge avancé, mais le mécanisme par lequel le TDAH constitue un risque n’est pas connu », expliquent des chercheurs de l’Université de Genève.
Leur étude, publiée dans la revue Psychiatry and Clinical Neurosciences, a porté sur 32 adultes atteints de TDAH et 29 adultes sans trouble de l’attention, tous âgés de 25 à 45 ans.
En utilisant une technique d’imagerie cérébrale avancée, les chercheurs ont constaté une accumulation de fer dans certaines régions du cerveau des participants TDAH.
Si le fer est essentiel au bon fonctionnement cérébral, son accumulation excessive est associée à des pathologies neurodégénératives. « Une surcharge en fer dans certaines régions du cerveau est souvent observée et est associée à un stress oxydatif accru, favorisant la dégénérescence neuronale », précisent les auteurs.
Des taux plus importants de neurofilaments – des fibres qui permettent de soutenir les neurones – ont été observés dans le sang. Leur présence élevée reflète des dommages aux axones, structures essentielles à la transmission nerveuse.
L’augmentation conjointe du fer cérébral et des niveaux de neurofilaments peut donc indiquer une pathologie neurodégénérative sous-jacente.
Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles recherches pour comprendre comment le TDAH pourrait constituer un facteur de risque de démence. Le Pr Paul Unschuld, principal auteur de ce travail, estime que les informations fournies par cette étude « permettront de développer des stratégies de prévention ciblées pour réduire les risques ». Il évoque notamment la corrélation entre mode de vie et niveaux de fer cérébral, suggérant qu’une diminution du taux de fer dans le cerveau pourrait constituer une piste thérapeutique prometteuse.
Source : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/pcn.13806
Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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