Les terrains de sports synthétiques sont-ils cancérogènes ?

[23 février 2018 - 11h23] [mis à jour le 23 février 2018 à 16h38]

L’Anses va mener une enquête afin de déterminer si les terrains de sport synthétiques sont dangereux pour la santé. Composés de petits granulés noirs issus de vieux pneus broyés, ces espaces dédiés aux activités sportives des adultes et des enfants posent question depuis quelques années. Des élus locaux avaient d’ailleurs demandé à plusieurs reprises une étude scientifique indépendante. Enfin commandée, ses résultats sont attendus pour la fin du mois de juin.

C’est une enquête du magazine So Foot en date du 8 novembre 2017 qui avait tourné les projecteurs sur la question des terrains de sport synthétiques et leur impact présumé sur la santé. Ainsi, les granulés issus de l’industrie pétrochimique recyclés sur ces surfaces pourraient être cancérogènes.

Citée par le magazine, Catherine Bassani-Pillot, élue municipale EELV déléguée à la santé environnementale à Nantes, souhaitait, avec d’autres élus, la réalisation d’une étude scientifique indépendante au niveau national. C’est chose faite. Une série de ministères, parmi lesquels celui de la santé, vient de saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Analyse des données et des voies d’exposition

L’agence a pour mission d’évaluer « les éventuels risques liés à l’utilisation des granulats de caoutchouc recyclé notamment dans les terrains de sports synthétiques ». Ce sont « les substances dangereuses potentiellement présentes dans les granulés » qui interrogent.

Le travail de l’Anses consistera à « analyser les données et études disponibles sur les principales substances présentes dans ces granulés et matériaux en caoutchouc ». Elle étudiera également « les principales voies d’exposition pour la population et l’environnement (terrains de sport, terrains de jeux pour enfants, litières pour animaux…) », dans le but de rendre son rapport pour la fin juin.

Les ministères rappellent toutefois que « l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA) avait procédé en 2017 à une évaluation préliminaire des risques, pour la santé humaine ». Ses conclusions rapportaient « un faible niveau de préoccupation au vu des concentrations d’hydrocarbures aromatiques polycycliques mesurées dans les granulés ». En effet, ces concentrations s’étaient avérées « sous les limites de concentration règlementaires prévues dans le cadre du règlement européen sur les produits chimiques ». A suivre…

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