A l’issue des 39e Journées qui se sont déroulées à Nantes du 2 au 4 décembre, le Collège national des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF)  fait le point sur la manière dont les touchers vaginaux devraient toujours être pratiqués. Point central, l’importance du consentement préalable de la patiente, en particulier si cet examen est pratiqué sous anesthésie générale.

Le 27 octobre dernier, le rapport de Jean-Pierre Vinel, Président de la Conférence des doyens des facultés de médecine, sur les conditions d’apprentissage de l’examen pelvien (vaginal et rectal) sur des patient(e)s endormi(e)s était remis à Marisol Touraine. Ce document avait été commandé par la ministre, suite à la publication dans les médias de documents internes d’établissements de santé montrant que des examens non consentis avaient été pratiqués sous anesthésie générale. Le constat dressé par ce document s’était révélé inquiétant. « Lorsque l’examen est réalisé sous anesthésie générale, le consentement préalable du patient n’est pas systématiquement demandé », indiquaient les auteurs.

A l’issue de ses 39e Journées, le CNGOF a publié un document rappelant les bonnes pratiques en matière de toucher vaginal. « Il ne peut y avoir d’examen médical clinique, quel qu’il soit, sans le consentement de la patiente », précise-il. « Le toucher vaginal ne déroge pas à la règle. » Par conséquent, si un tel examen devait être pratiqué sous anesthésie générale, dans le cadre d’une intervention chirurgicale, « il est nécessaire que l’information sur cet examen clinique soit donnée en même temps que les autres informations sur l’intervention ».

Apprendre sur un mannequin « à chaque fois que cela est possible »

Reste que les touchers vaginaux sans consentement incriminés par les médias il y a quelques mois portaient sur des examens réalisés par des étudiants, comme exercices pratiques… Pour le CNGOF, « le toucher vaginal demande une certaine technique pour qu’il soit indolore et puisse produire les informations requises. Son apprentissage fait partie de la formation initiale des futurs médecins ». Pour autant, il précise bien que cet apprentissage « doit se faire d’abord sur un mannequin à chaque fois que cela est possible ». En outre, « la pratique par l’étudiant en situation clinique réelle appelle la présence d’un praticien enseignant qui peut […] donner explicitement délégation pour qu’il soit fait en dehors de sa présence ».

Enfin, « il ne doit pas y avoir d’apprentissage sans bénéfice clinique immédiat pour la patiente sous anesthésie générale, sauf cas particulier ayant fait l’objet d’un consentement explicite de la part de la patiente qui sait préalablement qu’un enseignement va avoir lieu en cette occasion et qui y a librement consenti. Cette situation doit rester exceptionnelle », conclut le CNGOF.

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