Moisissures, substances chimiques, bactéries… Le tri et la gestion des déchets exposent les travailleurs de ce secteur à certains risques sanitaires.  Autres facteurs, le bruit et les vibrations.

A quel point les professionnels de la gestion des déchets prennent-ils des risques pour leur santé ? La question se pose : en effet, « en2016, le nombre moyen d’accidents du travail pour les activités du secteur atteignait 59 pour 1 000 salariés alors qu’il est de 33,8 pour 1 000 tous secteurs confondus », révèle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Bruit, gestes répétitifs, santé psychique…

L’Anses a analysé le risque sanitaire auprès de 28 filières de gestion des déchets. L’exposition à tous les facteurs de risques associés à ces activités (collecte, valorisation et élimination des déchets) a été relevée.

Quels sont-ils ? Les « substances chimiques toxiques, moisissures, bactéries, fortes chaleurs, bruit intense, vibrations mécaniques, sources d’incendies ou explosions, interventions à proximité d’équipements mécaniques ou électriques, présence d’objets coupants et piquants, circulation de véhicules ».

Mais aussi « le port de charges lourdes, les gestes répétitifs, le travail de nuit ou posté ». Des troubles psychiques existent également, en lien avec « les postes isolés, la violence ou les incivilités, ou encore le manque de reconnaissance ».

Résultat, les filières du groupe A (équipements électriques, électroniques, des ordures ménagères et résiduelles, des biodéchets destinés au compostage) était la seule bien documentée sur les risques sanitaires. « Ces filières présentent a priori des potentiels de risques chimiques ou biologiques élevés », note l’Anses.

Dans les autres filières, il n’existe peu voire pas de données. Il s’agit des groupes :

  • B (déchets de soins à risques infectieux, médicaments non utilisés, gaz fluorés, bouteilles de gaz, lubrifiants, verres). Selon l’Anses, « les potentiels risques chimiques et biologiques sont présumés faibles ou limités ».
  • C (piles, accumulateurs, métaux, bois, déchets de la construction, emballages ménagers, papiers cartons, papiers graphiques ménagers). Ici « les risques chimiques et biologiques sont jugés élevés » ;
  • D1 (cartouches d’impression, emballages et produits plastiques de l’agrofourniture, produits phytopharmaceutiques non utilisables) ;
  • D2 (plastiques, véhicules hors d’usage, biodéchets méthanisés, pneumatiques, textiles) ;
  • D3 (navires, meubles, mobil-homes).

Pour ces 3 derniers groupes, les risques sont « indéterminés ».

Plus d’études et de suivi médical  

Aujourd’hui, l’Anses propose plusieurs pistes pour diminuer ces risques sanitaires : l’amélioration des connaissances en menant davantage d’études et un dispositif de recueil des données. Autres leviers, «mieux sensibiliser à la prévention des risques, améliorer le suivi médical des professionnels des déchets (…),mieux prendre en compte les enjeux pour la santé de ces professionnels dans les démarches d’écoconception ». Pour les filières les plus à risque, l’Agence recommande « de mener des évaluations des risques sanitaires pour les travailleurs ». Notamment auprès des professionnels du « BTP, du bois et des emballages ménagers ».

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