Trauma crânien, AVC… l’IRM pour repérer le manque d’oxygène

[21 août 2014 - 14h48] [mis à jour le 21 août 2014 à 15h05]

Le cerveau a besoin d’oxygène à tout moment. Il ne peut pas le stocker. Par conséquent, en cas de traumatisme crânien ou d’AVC, un manque d’oxygène peut causer de graves séquelles, et parfois le décès. Pour traiter au plus vite et au mieux cette carence, une équipe INSERM a mis au point une méthode de cartographie de l’oxygène dans le cerveau par IRM.

Dans des conditions normales et à défaut de pouvoir le stocker, le cerveau ne supporte pas d’être privé d’oxygène plus de quelques minutes sans risque de provoquer de graves séquelles. Après un accident (traumatisme crânien ou AVC), c’est donc l’oxygénation cérébrale que les équipes d’urgence et les médecins tentent de restaurer le plus rapidement possible.

Pour améliorer la prise en charge de ces patients, une équipe multidisciplinaire au sein de l’Institut des Neurosciences de Grenoble (GIN, INSERM / Université Grenoble Alpes / CHU de Grenoble) a mis au point une nouvelle approche pour mesurer l’oxygénation cérébrale grâce à l’IRM. Cette technique permet d’identifier précisément les zones du cerveau les moins oxygénées. Elle pourrait à terme guider les interventions thérapeutiques pour les rendre plus précises, moins risquées et plus efficaces.

Guider les chirurgiens

Les résultats présentés dans cette étude préclinique, sur un modèle animal, correspondent parfaitement à ceux obtenus avec deux approches de références. Parmi celles-ci, la pose d’une sonde dans le cerveau, un acte neurochirurgical lourd, qui ne conduit qu’à une mesure très locale de l’oxygénation cérébrale. Le seul moyen de cartographier la teneur en oxygène du cerveau est la mesure de l’oxygène radioactif en imagerie fonctionnelle. Mais dans ce cas, la méthode est coûteuse et nécessite la disponibilité d’appareils TEP (Tomographie par émission de positons) peu nombreux sur le territoire.

Si aujourd’hui la fiabilité de ce dispositif a été démontrée, il reste à voir dans quelle mesure il pourra guider le travail des médecins neurologues et ou anesthésistes réanimateurs. « Dans quelques années, nous pourrions imaginer que la cartographie précise de l’oxygénation du cerveau nous permette de délivrer les médicaments au bon endroit ou bien de mieux paramétrer l’intervention chirurgicale pour faire baisser l’hypertension intracrânienne », conclut Emmanuel Barbier, auteur de l’étude.

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