Un virus marin associé à une maladie ophtalmique grave chez l’Homme

23 avril 2026

C’est la première fois qu’un virus aquatique, présent notamment chez des crevettes, franchit la barrière de l’espèce pour contaminer l’Homme. Une étude chinoise montre que ce virus serait responsable d’une affection oculaire grave.

Ces dernières années, les cas d’uvéite antérieure virale avec hypertension oculaire ont progressé parmi la population chinoise, sans cause connue. Les symptômes ? Une pression oculaire très élevée, une inflammation de l’œil et une possible perte de la vision.

Des chercheurs viennent de mettre en évidence le lien entre cette maladie des yeux et le CMNV, pour covert mortality nodavirus en anglais (nodavirus à mortalité silencieuse). Décrit pour la première fois en Chine en 2014, le CMNV est une infection qui touche les crustacés, notamment les crevettes, certains poissons et d’autres espèces aquatiques qu’elles soient sauvages ou d’élevage.

L’étude chinoise, publiée le 26 mars 2026 dans la revue Nature Microbiology, suggère que l’uvéite antérieure virale avec hypertension oculaire, une maladie humaine émergente, est associée à ce virus présent chez les animaux aquatiques. Il serait ainsi parvenu à franchir la barrière de l’espère.

Le virus responsable de lésions des tissus oculaires chez les souris

Chez 70 personnes atteintes du virus, les chercheurs ont en effet pu confirmer la présence du CMNV dans les tissus oculaires. Ils avaient auparavant tous été testés négatifs aux virus oculaires fréquents tels que l’herpès. Mais le matériel génétique de ces particules virales correspondait à 99 % à celui présent chez les animaux atteints de CMNV. Ils ont également identifié, dans le sang de ces patients, des anticorps spécifiques à ce virus. Les interrogatoires ont aussi montré qu’une exposition élevée au virus, liée à la manipulation fréquente d’animaux aquatiques sans protection et leur consommation crus notamment, représentaient plus de 70 % des cas étudiés.

Par ailleurs, des expériences en laboratoire menées sur des souris, ont montré que le CMNV pouvait être responsable d’une augmentation de la pression intraoculaire et de lésions pathologiques des tissus oculaires. Il serait également capable d’infecter les cellules des mammifères in vitro.

Le CMNV représente-t-il désormais une menace pour l’Homme ? Des études supplémentaires seront nécessaires mais le CMNV a été identifié en Asie, en Europe, en Afrique et Amérique. Et il a été retrouvé chez de nombreuses espèces pêchées pour la consommation humaine et d’aquaculture.

  • Source : Nature microbiology, Medical X Press

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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