Afin de limiter les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC), des chercheurs français ont suivi une piste inédite : cibler l’environnement des cellules cérébrales. Les premières observations sont très prometteuses.

Avec plus de 300 cas par jour en France, les AVC sont la première cause de handicap acquis chez l’adulte et la deuxième cause de mortalité. Dans la majorité des cas, il s’agit de l’occlusion d’une artère cérébrale par un caillot sanguin. Alors privés de leur alimentation en oxygène, les neurones à proximité meurent. C’est ce que l’on appelle un AVC ischémique.

Le seul traitement consiste à éliminer ce caillot, ce qui n’est possible que dans les premières heures suivant l’accident. Mais les lésions cérébrales peuvent persister et s’aggraver longtemps après le début de l’AVC. Problème, aucun traitement n’est encore disponible pour les freiner ou pour améliorer la récupération fonctionnelle. C’est aux moyens permettant de protéger les neurones de cette dégénérescence qu’une équipe française* s’est intéressée.

Développer de nouveaux neurones

Les chercheurs se sont penchés sur un domaine peu exploré : l’environnement des cellules, autrement appelé « matrice extracellulaire ». Cette matrice, qui sert de support aux cellules et abrite des facteurs de croissance, se retrouve en effet désorganisée à la suite d’un AVC, ce qui amplifie la mort neuronale.

Ils se sont alors rapprochés d’une équipe, spécialistes de la matrice extracellulaire et de la société de biotechnologies OTR3, qui a déjà mis sur le marché des traitements de « thérapies matricielles » pour la cicatrisation d’ulcères cutanés ou de cornée.

Cette collaboration a ainsi permis de mettre au point un agent qui mime certains composants structurants de la matrice extracellulaire. Chez le rat, une injection intraveineuse a permis de « protéger et de reconstituer cette matrice, de favoriser le développement de nouveaux neurones et la régénération des vaisseaux sanguins, et d’améliorer la récupération des fonctions sensorielles et motrices », se réjouissent les chercheurs.

« Il s’agit donc d’une piste prometteuse pour limiter les séquelles de l’AVC, qui viendrait en complément des techniques existantes d’élimination du caillot sanguin ».  Des essais cliniques conduits chez l’homme devraient démarrer d’ici fin 2019.

*CNRS, Université de Caen Normandie, Université Paris-Est Créteil

Partager cet article