Fumer une cigarette par jour, c’est déjà trop ! Voilà le message de la Fédération française de Cardiologie à l’occasion de la journée mondiale sans tabac 2018. Les méfaits du tabac pour les artères et le cœur sont en effet aussi présents chez les petits fumeurs. 

« Même les ‘petits’ fumeurs augmentent significativement leur risque d’accident cardio-vasculaire », insiste la Fédération française de Cardiologie (FFC) à l’occasion de la journée mondiale sans tabac ce 31 mai. Dans le détail, ce risque est de +48% chez les hommes et +57% chez les femmes. Et ce donc dès la première cigarette quotidienne, par rapport à un non-fumeur. Quant à ceux qui fument de manière occasionnelle, ils ne doivent pas se croire à l’abri. En réalité, « il n’y a pas de seuil de consommation de tabac au-dessous duquel fumer soit sans risque cardio-vasculaire », martèle la FFC.

Voilà pourquoi, « pour se protéger des méfaits du tabac, la réduction de la consommation n’est pas suffisante, il faut cesser toute exposition », explique le Pr Daniel Thomas, Président d’honneur de la FFC et vice-Président de l’Alliance contre le tabac. Sans oublier le tabagisme passif. Celui-ci « augmente en moyenne le risque d’infarctus du myocarde de 25% et doit être considéré comme un véritable facteur de risque et prévenu par des mesures collectives et individuelles ».

De multiples dangers

Avec le tabac, le cœur et tout le système cardiovasculaire souffre. « A court terme, il favorise la survenue de spasmes des artères (rétrécissement brutal), la formation de caillots et l’apparition de troubles du rythme cardiaque », détaille la FFC. Les conséquences sont brutales avec un risque d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral ou de mort subite.

« A plus long terme, le tabac abîme progressivement les artères, et de façon d’autant plus rapide et importante si d’autres facteurs de risque sont présents, comme un excès de cholestérol, une hypertension artérielle ou un diabète », poursuit-elle.

Sans oublier que « le monoxyde de carbone qui résulte de la combustion de la cigarette, prive le cœur d’une partie de l’oxygène qui lui est indispensable, et contribue à l’asphyxier ».

Ces conséquences néfastes et potentiellement mortelles peuvent survenir chez des fumeurs jeunes. Ainsi, « 80% des victimes d’infarctus âgées de moins de 45 ans sont des fumeurs ». En réalité, « la survenue de spasmes et de caillots dépend de mécanismes très sensibles qui peuvent se déclencher même pour une faible exposition au tabac, et sans signe avant-coureur. Cela explique également la précocité possible des accidents cardiovasculaires liés au tabagisme », précise le Pr Daniel Thomas.

Agir sans culpabiliser

Seule solution pour ne pas mettre en péril votre santé : arrêter de fumer. « Réduire sa consommation de tabac ne suffit pas. L’objectif est un arrêt total et définitif de l’exposition à la substance, le plus précocement possible », insiste le Pr Thomas. « Le tabac est une drogue dure très addictive. Près de 70% des fumeurs souhaitent arrêter, ils ont besoin d’aide et il est primordial de ne pas les culpabiliser. Sortir d’une addiction est difficile, ce n’est pas simplement un problème de volonté, il faut de la motivation et de l’aide. Il existe des moyens pour en sortir sans souffrir », conclut-il.

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