Le Vendée Globe, du laboratoire pour marins au grand public

[02 novembre 2016 - 14h41] [mis à jour le 02 novembre 2016 à 14h42]

A l’image du Vendée Globe dont le départ sera donné le 6 novembre des Sables d’Olonne, les courses à la voile en solitaire ont constitué et constituent encore des laboratoires d’expérimentation. En matière de consultation médicale à distance et de gestion du sommeil notamment. Avec des débouchés qui ont gagné le grand public.

Sommeil. Les navigateurs sont les rois du sommeil fractionné. Depuis 15-20 ans, le Dr Jean-Yves Chauve travaille sur cette thématique. Il fut notamment aidé par des équipes du centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu de Paris. « Avec le temps, nous avons pu montrer tout l’intérêt des micro-siestes de 10 à 20 minutes, à bord d’un bateau bien sûr. Mais aussi dans la vie de tous les jours, lorsque l’on fait de longs trajets en voiture », explique-t-il. « J’ai le sentiment que c’est entré dans les mœurs, en partie grâce aux navigateurs ».

Alimentation. De la même façon, les discours et autres conseils tenus aux skippers ont permis de briser quelques idées reçues, au niveau du grand public. « Par exemple, en cas de coups de barre, il convient d’éviter le sucré qui a tendance à endormir », conclut le médecin. « Il faut plutôt porter son choix sur des protéines, comme du jambon ou du fromage. C’est bon à savoir lorsque l’on fait une pause sur une autoroute, non ? »

Téléconsultation. A l’écoute des marins 24 heures sur 24, Jean-Yves Chauve aime à répéter que ces derniers « doivent être ses yeux et ses mains. Ils doivent être en mesure de m’expliquer ce qu’ils ressentent et de faire des photos ». Ce travail a contribué à faire évoluer la télémédecine, ou en tout cas à transmettre une vision concrète au grand public. Aujourd’hui, les évolutions technologiques permettraient même aux skippers d’embarquer de mini-laboratoires médicaux. De quoi analyser son sang ou ses cycles de sommeil et d’envoyer les données à un membre de l’équipe à terre susceptible de l’informer sur la présence d’éventuelles carences nutritives par exemple… « Oui, c’est possible sur le plan technique », confirme Jean-Yves Chauve « mais c’est interdit par le règlement de l’épreuve ». Laquelle impose la navigation sans assistance. Autrement dit, les routages, qu’ils soient météorologiques ou médicaux, sont prohibés.

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