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La Direction générale de la santé annonce jeudi 19 mars l’arrivée en France de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) injectable, à administrer tous les deux mois. Elle espère ainsi atteindre de nouveaux publics insuffisamment couverts jusqu’à maintenant.
Pour mémoire, la PrEP est disponible en France depuis 2016. Il s’agit d’un outil de prévention qui permet à une personne séronégative exposée au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) de se protéger en prenant un traitement antirétroviral. Il s’agit d’un traitement continu. Ou bien à la demande. Dans ce cas, il s’agit d’une prise de quatre comprimés de Truvada ou de son générique avant et après un rapport sexuel à risque. Ce deuxième schéma n’est pas applicable aux femmes pour lesquelles la protection est alors insuffisante. En effet, la PrEP se diffuse moins rapidement dans la muqueuse vaginale et elle ne serait efficace qu’après plusieurs jours de prise quotidien.
Avec la PrEP injectable tous les deux mois par cabotégravir (nom commercial Apretude), les pouvoirs publics espèrent améliorer l’accès à la prévention pour plusieurs profils bien précis. Quels sont-ils ?
Il s’agit d’une injection intramusculaire. Cette PrEP nécessite une dose avec 2 injections à 1 mois d’intervalle puis une administration tous les deux mois.
Elle vient compléter la stratégie de prévention combinée qui s’appuie sur plusieurs dispositifs :
Le cabotégravir représente une avancée mais également un défi pratique. « Son déploiement nécessite une expertise clinique et une organisation adaptée du parcours de soins, notamment en matière : d’évaluation de l’indication ; de suivi régulier des patients ; de dépistage du VIH et des IST ; de maintien dans le soin », précise la DGS. Elle invite ainsi les médecins qui souhaitent accompagner leurs patients à se rapprocher de leur comité régional de santé sexuelle (CoReSS).
Un guide à destination des prescripteurs a été ainsi élaboré par la Société Française de Lutte contre le Sida (SFLS). Il précise notamment les indications de la PrEP injectable, les modalités de suivi du patient. Une boîte à outils comprend une application permettant d’éditer le calendrier prévisionnel des injections, des informations pour les patients, des fiches pour les pharmaciens et les infirmiers et un dispositif d’accompagnement mobilisant les CoReSS.
A noter : le cabotégravir est un antiviral appartenant à la classe des inhibiteurs d’intégrase. L’inhibition de cette enzyme iempêche le VIH d’introduire son matériel génétique dans les cellules et donc de se répliquer. Cela permet de réduire le risque de multiplication et de propagation virale à partir du site d’infection, en cas d’exposition au virus.

Source : Direction générale de la Santé, Vidal, HAS

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet