VIH/SIDA : l’allaitement maternel possible à moindre risque

[17 janvier 2011 - 14h45] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h42]

Ce n’est plus à démontrer, l’allaitement maternel est idéal pour les nourrissons. Même quand leurs mères sont séropositives au VIH… à condition qu’elles suivent une trithérapie spécifique. Cette approche particulière a fait l’objet d’une nouvelle évaluation scientifique dans le cadre de l’étude Kesho Bora – ‘un meilleur futur’ en Swahili (n.d.r.l).

Les résultats, parus dans le Lancet Infectious Diseases, confirment l’intérêt de ce traitement. Le risque de transmission de la mère à l’enfant est en effet nettement réduit, avec une efficacité encore plus importante chez les femmes dont la charge virale est élevée. Depuis 2009, l’OMS recommande l’administration d’« antirétroviraux à un stade plus précoce de la grossesse, à partir de la 14e semaine et jusqu’à la fin de la période de l’allaitement ».

L’étude Kesho Bora, menée Afrique du Sud, au Burkina-Faso et au Kenya sur 824 patientes a comparé l’efficacité deux approches thérapeutiques. La première reposait sur l’administration d’une combinaison de zidovudine, de lamivudine et de lopinavir/ritonavir. Ce protocole a été mis en place dès le premier trimestre de la grossesse et jusqu’au 6e mois d’allaitement. L’autre protocole reprenait les précédentes recommandations de l’OMS, à savoir l’administration dune dose de zidovudine 2 fois par jour pendant leur grossesse, puis une dose unique de nevirapine au moment de l’accouchement.

Dans le premier groupe, les auteurs ont observé une baisse de 43% du risque de transmission du virus de la mère au nourrisson. Au 12e mois suivant la naissance, 5,4% de ces enfants se sont avérés contaminés, contre 9,5% dans l’autre groupe. Les résultats ont été également positifs parmi les patientes dont la charge virale était importante – avec un taux de 200 à 350 CD4. Dans ce cas, 10,2% des enfants étaient infectés à 12 mois, contre 16% pour ceux des femmes placées sous le traitement standard.

Et la toxicité ?

« Comme dans n’importe quel traitement, il existe des effets secondaires. Mais l’étude a montré que la balance bénéfice-risque était grandement acceptable dans ce cas », explique le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites virales (ANRS). « C’est une bonne nouvelle surtout pour les pays en développement où l’allaitement représente un réel atout pour l’enfant », ajoute-t-il.

Le choix d’opter pour un allaitement artificiel en effet, y est souvent problématique. Le manque d’eau potable pour le préparer, mais également son prix, expliquent les difficultés rencontrées par les femmes qui souhaitent recourir à l’allaitement artificiel. Et naturellement, même dans le meilleur des cas celui-ci ne peut apporter les anticorps maternels, qui renforcent le système immunitaire des nourrissons. Or ils sont la meilleure des défenses, y compris contre bien d’autres maladies.

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