Le VIH/Sida n’épargne personne. Les plus jeunes comme les plus âgés peuvent être contaminés par le virus. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida, le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire revient ainsi notamment sur le cas des plus de 50 ans. Leur constat ? Les seniors sont souvent diagnostiqués tardivement car ils ne se sentent pas concernés.

Qui sont les seniors séropositifs au VIH ? Les rédacteurs du BEH dédié à la journée mondiale de lutte contre le Sida ont étudié leurs caractéristiques entre 2008 et 2016. Tout d’abord le nombre annuel de découvertes dans cette population n’a cessé d’augmenter au cours de cette période. Passant de 1 041 en 2008 à 1 268 en 2014, soit 22% d’augmentation, puis s’est stabilisé. En 2016, ils étaient 1 184. Ce qui correspond encore à 20% de l’ensemble des 6 000 découvertes de séropositivité en France.

Plus de contamination hétérosexuelle que les jeunes

Les seniors présentent des différences significatives avec les plus jeunes. Ainsi, les proportions de seniors n’ayant jamais été testées pour le VIH avant la découverte de séropositivité et de celles diagnostiquées à un stade avancé de l’infection étaient significativement plus élevées.

Dans le détail, en 2016, « près des trois-quarts (72%) des seniors ayant découvert leur séropositivité étaient des hommes, la moitié d’entre eux (51%) ayant été contaminés lors de rapports hétérosexuels et l’autre moitié (47%) par des rapports sexuels entre hommes. Cette dernière proportion était moindre que celle observée chez les hommes de 25-49 ans, dont les deux tiers (66%) ont été contaminés lors de rapports entre hommes », peut-on lire dans le BEH.

Prise de risque et déni

« La part des infections récentes chez les seniors (28%) témoigne de prises de risque dans cette classe d’âge », notent les auteurs. Le niveau de dépistage se révèle donc totalement insuffisant. Celui-ci « peut être expliqué par une moindre perception du risque de contamination par le VIH, à la fois par les personnes elles-mêmes mais également par les professionnels de santé », avancent les rédacteurs du BEH. « Alors que l’exposition à l’infection persiste au-delà de 50 ans. » Par conséquence, « il est important que les actions de prévention incluent cette population », concluent-ils.

A noter : Pour ceux jamais dépistés, la Haute Autorité de santé recommande depuis 2017 de proposer un test de dépistage du VIH au moins une fois dans leur vie, entre 15 et 70 ans.

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