Où en est la France dans la lutte contre le VIH/Sida ? Les dernières données publiées par Santé publique France révèlent une diminution du nombre de découvertes de séropositivité. Toutefois, environ 6 000 personnes découvrent être porteuses du virus. Parmi elles, un quart l’apprend trop tard, à un stade avancé de l’infection.

Environ 6 000 découvertes de séropositivité au VIH ont eu lieu en 2016, selon les données de Santé publique France. Ce qui représente une diminution de 5% par rapport à 2013. « Ce nombre n’a pas encore pu être estimé pour l’année 2017 […] notamment en raison d’une augmentation du nombre de données manquantes », indique Santé publique France. Néanmoins, « il est possible de décrire les caractéristiques des personnes ayant découvert leur séropositivité entre janvier 2017 et septembre 2018 sur la base des données brutes ».

Des caractéristiques stables

Ainsi, « les hommes ayant des rapports sexuels entre hommes (HSH) et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les ¾ sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés et représentent respectivement 45% et 38% des découvertes en 2017-2018 », indiquent les résultats de l’enquête annuelle. De leur côté, « les hétérosexuels nés en France et les usagers de drogues injectables représentent respectivement 15% et 1% ».

Si ces données restent stables depuis 2015, plus d’un quart des découvertes de séropositivité sont toujours trop tardives. Ces personnes ont déjà atteint un stade avancé de l’infection à VIH dans lequel le nombre de lymphocytes CD4 est inférieur à 200/mm3 et qui est qualifié de stade clinique de sida. La moitié de ces personnes déclarent n’avoir jamais été testées auparavant.

Intensifier la prévention

« Le dépistage du VIH doit encore être intensifié dans les populations les plus exposées, afin de réduire la proportion de ceux qui ignorent leur séropositivité pour leur permettre de bénéficier d’un traitement antirétroviral », insiste Santé publique France.

Deux moyens sont à développer selon elle. « Le treatment as prevention*-TASP– qui évite la transmission du VIH des personnes séropositives à leurs partenaires, constitue un enjeu majeur pour contrôler l’épidémie. » Et l’action de coupler le dépistage VIH à celui des autres infections sexuellement transmissibles (IST). « En 2016, environ 270 000 infections à Chlamydia et 50 000 infections à gonocoque ont été diagnostiquées », conclut Santé publique France.

*traitement comme prévention

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