VIH/Sida : une protéine immunitaire détecte certains virus

[04 octobre 2018 - 13h14] [mis à jour le 04 octobre 2018 à 13h16]

Une protéine du système immunitaire est capable de repérer une certaine catégorie de VIH (le VIH-2). Elle déclenche ensuite une réaction immunitaire immédiate pour attaquer le virus. Expliquant ainsi la proportion de cas mortels bien inférieure chez les séropositifs contaminés par ce virus par rapport au VIH le plus fréquent. Une piste vers un vaccin ?

En l’absence de traitement, une personne contaminée par le VIH développe à terme un Sida mortel. Si c’est l’issue dans 99% des cas pour le VIH-1, certains types de virus présentent un meilleur pronostic. C’est le cas du VIH-2, une forme plus rare et majoritairement retrouvée en Afrique de l’Ouest où elle touche 1 million d’individus. Cette version du virus est mortelle dans « seulement » 25% des cas. De plus, les personnes séropositives au VIH-2 qui seraient contaminées également par le VIH-1 présentent une meilleure résistance face à ce dernier.

Pourquoi ?

En 2010, des chercheurs de l’Inserm et de l’Institut Curie* avait déjà montré que « les cellules dendritiques – les « sentinelles » du système immunitaire – étaient capables de détecter le VIH-2 bien plus efficacement que le VIH-1 ». En cherchant à comprendre les mécanismes moléculaires, ils ont découvert que « la protéine NONO, située au sein des cellules dendritiques, agissait comme un détecteur capable de reconnaître l’enveloppe interne (ou capside) du VIH-2 bien mieux que celle du VIH-1 », expliquent-ils. De plus, NONO déclenche une réaction immunitaire pour lutter contre le virus.

Cette découverte est une étape dans la meilleure compréhension des mécanismes de protection contre le VIH par le système immunitaire. Elle « ouvre la voie à d’études nécessaires pour le développement d’une nouvelle génération de vaccin capable de « mimer » la capside du VIH-2 et de déclencher par conséquent une réponse immunitaire chez les personnes atteintes du VIH-1 », conclut Nicolas Manel, principal auteur de ce travail.

*au sein de l’Unité 932 Immunité et Cancer (Inserm/Institut Curie/Université PSL/Université Paris Descartes)

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