VIH : une nouvelle prophylaxie pré-exposition qui dure 2 mois

19 février 2026

La PrEP, pour prophylaxie pré-exposition, s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH. Elle consiste à prendre un médicament en continu afin de réduire la probabilité d’être contaminé. En alternative aux comprimés quotidiens, un nouveau médicament arrive en France, sous forme d’une injection tous les 2 mois. Une option supplémentaire pour une meilleure observance.

La PrEP est une méthode de prévention du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Son nom vient de l’anglais pre-exposure prophylaxis. Le terme « prophylaxie » désigne l’ensemble des moyens utilisés pour empêcher l’apparition d’une infection. L’expression « pré-exposition » signifie que le traitement débute avant un risque de contact avec le VIH et se poursuit après celui-ci, afin de réduire la probabilité de transmission. Elle est accessible à toutes les personnes de plus de 15 ans. 70 000 personnes en France sont sous PrEP orale actuellement.

Comme l’explique Aides, des études scientifiques comme Iprex (États-Unis), Partners Prep (Kenya, Ouganda), Proud (Royaume-Uni) et ANRS-Ipergay (France, Canada) ont prouvé l’efficacité de la PrEP, notamment chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH), les personnes trans et les hétérosexuels. Tous ces essais montrent que, quand la PrEP est bien prise selon le schéma indiqué, le risque de contamination est infime. Les médecins (généralistes, gynécologues, dermatologues, etc.) prescrivent la PrEP qui est délivrée sur ordonnance dans n’importe quelle pharmacie.

En France, le seul médicament autorisé pour la PrEP est un comprimé associant deux antirétroviraux : l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil fumarate (Truvada® et versions génériques). Cette PrEP peut être prise quotidiennement, en continu*.

De 365 pilules quotidiennes à six injections par an

Une nouvelle PrEP au VIH, par cabotégravir* injectable à longue durée d’action, sera disponible dans quelques semaines en France (sous le nom d’Apretude). Elle constitue un outil supplémentaire de prévention, en réduisant certains obstacles liés à la PrEP orale quotidienne, notamment l’observance du fait de la contrainte et de la stigmatisation liées à la prise. De ce fait, son efficacité en vie réelle ne dépasse pas 60 %.

Cette nouvelle forme injectable offre aussi une nouvelle option pour toucher des populations jusqu’ici insuffisamment couvertes, en particulier les femmes et les personnes migrantes.

La PrEP injectable (intramusculaire) est administrée tous les deux mois en phase d’entretien. Les injections pourront être réalisées en ville par les médecins, les infirmiers ou les sage-femmes. Son coût sera intégralement pris en charge par l’Assurance maladie. .

Recommandée par l’OMS depuis 2022 comme méthode de prévention du VIH

La PrEP par cabotégravir a été évaluée dans deux essais de phase IIb/III, qui ont tous deux montré que le cabotégravir à longue durée d’action était plus efficace que la PrEP orale quotidienne. Ces données sur Apretude** ont conduit la Haute Autorité de Santé (HAS), mi-2024, à lui attribuer un service médical rendu (SMR) important. Selon la commission de transparence de la HAS, cette PrEP constitue « une alternative supplémentaire dans les stratégies de prévention combinée. Elle peut être associée à des pratiques sexuelles à moindre risque pour diminuer le risque d’infection par le VIH-1 chez les adultes et adolescents à haut risque pesant au moins 35 kg ».

Dans ses recommandations validées en février 2025, la HAS préconise son usage en deuxième intention, notamment pour les personnes présentant une contre-indication à la PrEP orale (notamment l’insuffisance rénale) ou lorsque celle-ci ne peut être utilisée, comme en cas d’observance difficile. Sur le terrain, certaines situations pourront justifier de débuter directement par la PrEP injectable (difficultés à suivre un traitement quotidien, migrants sans domicile…).

A noter : le dossier d’une autre PrEP injectable à longue durée d’action (une injection tous les 6 mois) est à l’étude par les autorités sanitaires européennes.

* Sa prise « à la demande » existe (ponctuellement avant un rapport à risque, mais seulement chez les hommes, car pas assez protectrice pour les femmes) mais si ce schéma est validé par l’OMS il n’est pas homologué par les autorités de santé.

** Apretude (non commercial) produit par ViiV Healthcare

  • Source : Site de Aides (consulté le 18 février 2026) ; ViiV Healthcare site Apretude ; Landovitz RJ, et al.. Efficacy and safety of long-acting cabotegravir compared with daily oral tenofovir disoproxil fumarate plus emtricitabine to prevent HIV infection in cisgender men and transgender women who have sex with men 1 year after study unblinding: a secondary analysis of the phase 2b and 3 HPTN 083 randomised controlled trial. Lancet HIV. 2023 Dec;10(12):e767-e778 ; Delany-Moretlwe S, et al. Cabotegravir for the prevention of HIV-1 in women: results from HPTN 084, a phase 3, randomised clinical trial. Lancet. 2022 May 7;399(10337):1778 ; Traitement préventif pré-exposition de l’infection par le VIH (HAS, 2025)

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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