VIH/Sida : aux Antilles françaises, une épidémie à part

[01 décembre 2017 - 13h28] [mis à jour le 01 décembre 2017 à 16h22]

En France, les inégalités territoriales restent marquées en matière de santé. La lutte contre l’épidémie de VIH/Sida n’est pas en reste. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida, le Conseil national du Sida (CNS) dénonce une situation inacceptable dans les Antilles françaises.

Comme le rappelle l’ONUSIDA, l’objectif global de tous les pays est de parvenir en 2020 à un triple résultat. Dans le détail, 90% des personnes vivant avec le VIH devraient connaître leur statut sérologique, 90% des personnes infectées devraient bénéficier d’un traitement anti rétroviral et 90% des personnes recevant un traitement devraient avoir une charge virale durablement supprimée.

En France, « cette ambition est réaliste au niveau national », souligne le Conseil national du Sida et des hépatites virales. « Elle doit cependant être portée au niveau de chaque région, afin de réduire les inégalités territoriales dans la lutte contre le VIH/Sida. » Or « en Guyane et dans les Antilles françaises, la situation épidémique demeure particulièrement inquiétante », précise le CNS. Dans ces régions, « cet objectif ne pourra être atteint sans un effort d’une ampleur sans précédent, notamment dans les domaines de la prévention et du dépistage ».

Une situation proche de l’Afrique subsaharienne… en France

En Guyane et en Guadeloupe, « le taux des nouvelles infections par le VIH et le pourcentage de personnes qui ignorent leur infection sont plus élevés que dans toutes les régions de Métropole », indique le CNS. En Guyane la situation est encore pire. Là-bas, les moyennes approchent celles observées en Afrique subsaharienne. « Dans d’autres territoires ultramarins tels que l’île de Mayotte, les données disponibles sont incomplètes mais laissent craindre une situation comparable », ajoute-t-il.

Les raisons de cette situation dramatique ? « Un niveau de vie globalement inférieur à celui de la Métropole, un taux de chômage largement supérieur et des obstacles spécifiques d’accès au droit, […] des périodes de tension sociale et des chocs climatiques… ». Dans ce contexte, « la lutte contre le VIH/Sida n’est pas à la mesure des enjeux locaux », continue le CNS. Lequel devrait rendre « dans les prochains mois un Avis suivi de recommandations consacrés aux territoires de la Guyane et des Antilles françaises, nourris par un dialogue avec les acteurs locaux ».

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