En matière de VIH/SIDA, le niveau d’information des jeunes se détériore d’année en année. C’est ce que montre le dernier sondage réalisé par l’IFOP à l’occasion du Sidaction 2016. Ce dernier aura lieu en ce premier weekend d’avril. Un constat inquiétant alors que l’épidémie est toujours active.

Selon les résultats de cette étude réalisée auprès d’un échantillon de 1 001 personnes âgées de 15 à 25 ans, le sentiment d’information global sur le VIH se détériore depuis 2014. En 2016, plus de 80% des cibles se disent bien informées contre 89% en 2015, le chiffre le plus bas depuis 2009.

« Plus qu’un manque d’information, ces chiffres sont révélateurs d’une non-information qui concerne tout particulièrement les jeunes âgés entre 15 et 17 ans », souligne l’association Sidaction. Ce qui « s’explique notamment par un manque, voire une absence d’enseignement sur la question en milieu scolaire. »

Embrasser ne transmet pas le virus

De nombreuses fausses idées persistent sur les modes de transmission du virus et sont même en augmentation par rapport à 2015. Ainsi, 20% des jeunes déclarent que le virus du SIDA peut se transmettre en embrassant une personne (contre 15% en 2015) et 15% en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques (contre 13% en 2015).

Plus inquiétant encore, « 22% estiment qu’il existe un traitement pour guérir du VIH/SIDA alimentant la représentation selon laquelle le VIH/SIDA n’est pas une fatalité ».

Même pas peur !

Cette ignorance participe à l’augmentation des comportements à risque. Au cours des douze derniers mois, « 9% des jeunes déclarent s’être exposés fréquemment à un risque de contamination, un pourcentage en progression de 3 points en un an ». Par ailleurs, seulement 45% (contre 55% en 2015) des jeunes ayant eu un rapport sexuel non protégé ont effectué un test de dépistage du VIH/SIDA.

Ils sont 24% à déclarer ne pas avoir peur du virus contre 17% en 2015. Par manque d’information, les jeunes sous-estiment les menaces du virus et ne se sentent pas concernés par les risques liés à la maladie. Pour l’association Sidaction, il est « urgent et nécessaire de reprendre les fondamentaux en termes d’information et de prévention pour empêcher le développement de nouvelles contaminations ».

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