L’allègement thérapeutique est un enjeu important pour les patients vivant avec le VIH. Ces derniers devant prendre leur traitement antirétroviral à vie. Un défi relevé par l’ANRS qui vient de présenter un essai plein d’espoirs lors la 21e Conférence internationale sur le SIDA, qui se tient du 18 au 22 juillet à Durban en Afrique du Sud.

L’objectif de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) est de réduire les effets secondaires, les coûts des traitements et d’améliorer l’acceptabilité et l’adhésion au traitement. Dans cette optique, elle a lancé en 2014 l’essai ANRS 162-4D. L’objectif de ce travail étant d’évaluer l’efficacité du traitement antirétroviral pris 4 jours consécutifs dans la semaine au lieu de 7.

Les 100 patients inclus étaient traités par trithérapie depuis en moyenne cinq ans, et avaient une charge virale indétectable depuis quatre ans. Résultat, après 48 semaines, « 96% des patients suivaient toujours le schéma 4/7 jours, avec une charge virale inférieure à 50 copies ». Seuls trois patients présentaient une charge virale de nouveau détectable. Chez ces derniers, cette charge est redescendue sous le seuil de détection avec le retour à un schéma de traitement 7 jours sur 7.

Pour le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS, « ces résultats nous encouragent à poursuivre nos objectifs d’améliorer la qualité de vie sous traitement et à répondre à une demande forte de certains patients de subir une moindre pression médicamenteuse ».

Alors faut-il aujourd’hui recommander le « 4 jours sur 7 » en pratique courante ? « Seul un essai randomisé permettra d’approuver cette stratégie », répond-il. Notons en effet que l’essai ANRS 162-4D est une étude prospective non randomisée : tous les patients reçoivent le même schéma de traitement.

C’est pourquoi devrait être très prochainement mené – sur plus de 600 patients – l’essai randomisé ANRS QUATUOR.

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