Ce 23 avril, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution visant à lutter contre les actes de violence sexuelle en temps de guerre. Une bonne nouvelle de façade puisque le texte, sous la menace d’un véto américain, a vu l’une de ses mesures (celles relatives à la santé reproductive et le droit à l’avortement en cas de viol) purement et simplement supprimée. La France exprime sa consternation.

Le Conseil de sécurité a adopté ce mardi 23 avril une résolution, par 13 voix pour et 2 abstentions (Chine et Russie), dans laquelle il exige notamment « de toutes les parties à des conflits armés qu’elles mettent immédiatement et totalement fin à tout acte de violence sexuelle ». Il leur demande « de prendre et de tenir des engagements précis et assortis de délais pour lutter contre la violence sexuelle ».

Ainsi encourage-t-il les autorités nationales à renforcer la législation visant à amener les auteurs de violences sexuelles à répondre de leurs actes. Il engage les Etats membres à renforcer l’accès à la justice pour les victimes de violences sexuelles commises en temps de conflit et d’après conflit, « dont les femmes et les filles qui sont particulièrement visées par ces crimes ».

Quid de la santé reproductive ?

Curieusement dans cette résolution, aucune ligne faisant référence à la santé sexuelle et reproductive n’apparaît. En cause : la véhémente opposition des États-Unis. Lesquels ont menacé d’apposer leur véto concernant « l’accès à la santé sexuelle et reproductive ». En clair, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) suite à un viol. Selon l’agence Reuters, cette menace était motivée « par le vice-président américain Mike Pence, un chrétien conservateur qui s’oppose fermement au droit à l’avortement ».

La France s’indigne

Face à cette situation, François Delattre, ambassadeur français à l’ONU, n’a pas caché son agacement. « Nous sommes consternés par le fait qu’un État ait exigé la suppression de la référence à la santé sexuelle et reproductive, allant à l’encontre de 25 années de progrès pour les droits des femmes dans les situations de conflit armé », s’est-il ainsi exprimé.

A noter : au cours des derniers mois, l’administration Trump a adopté une ligne radicale, refusant tout document de l’ONU faisant référence à la santé sexuelle ou reproductive, au motif que ce libellé implique un soutien implicite à l’avortement.

Partager cet article