Cyberknife® : quand la radiothérapie respire avec le patient

[23 novembre 2010 - 15h58] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h41]

Certaines tumeurs cancéreuses sont inopérables ou particulièrement difficiles à atteindre. Un nouveau système de radiothérapie, le Cyberknife®, permet aujourd’hui de les traiter. Capable de s’adapter aux mouvements respiratoires du malade, il réduit la marge d’irradiation autour de la tumeur. Disponible dans 5 Centres de lutte contre le cancer (CLCC) en France – à Lille, Lyon, Nancy, Nice et Tours – ce robot améliore en outre la qualité de vie des patients, qui voient leur nombre de séances limité.

Grâce à un système de guidage intégré, le Cyberknife® synchronise ses mouvements en fonction de ceux du patient. Les faisceaux d’irradiation sont donc plus précis. « Surtout pour les tumeurs qui « bougent beaucoup » avec la respiration, comme celles du poumon », indique le Dr Lise Clause, radiothérapeute au CLCC Léon Bérard de Lyon (Rhône).

Tout en laissant les patients respirer librement, le robot permet de mieux limiter les marges d’erreur autour de la tumeur. Celles-ci n’excèdent pas 5 mm, contrairement à ce que l’on observe avec d’autres techniques, qui peuvent nécessiter de 1 cm à 1,5 cm. Tissus et organes sains situés à proximité, sont ainsi mieux préservés.

Un bond technologique

« C’est un plus énorme, notamment pour le traitement des cancers du poumon, du foie et du rachis, de la tête et du cou. Il s’agit d’un véritable bond technologique », s’enthousiasme le Dr Xavier Mirabel, qui l’utilise depuis 3 ans au CLCC Oscar Lambret de Lille, dans le Nord. Un exemple flagrant : « les carcinomes hépatocellulaires présentent 90,4% de rémission 3 ans après l’irradiation ». Avant le Cyberknife®, ces performances étaient impossibles.

« Moins toxique et plus précis, ce robot nous permet d’irradier plus intensément la tumeur », explique le Dr Mirabel. Résultat : une moyenne de 3 séances sans hospitalisation. Cette option thérapeutique est amenée à s’élargir « pourquoi pas pour le cancer de la prostate », suggère notre radiothérapeute qui traite déjà en moyenne, 200 patients par an.

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