16 % des enfants du primaire sont victimes de harcèlement scolaire

22 janvier 2026

Loin d'être un problème réservé aux adolescents, le harcèlement scolaire est une réalité dès l'école primaire. Une enquête de Santé publique France auprès de milliers d'élèves de 6 à 11 ans révèle des chiffres alarmants : près d'un enfant sur six en serait victime.

L’enquête Enabee, première du genre à s’intéresser spécifiquement aux enfants de 6 à 11 ans en France hexagonale, révèle des statistiques inquiétantes sur le harcèlement scolaire dans cette tranche d’âge. Elle a étudié un échantillon représentatif de près de 8 200 élèves du CP au CM2, et croisé les observations des parents et des enseignants :

  • 16,4 % des enfants sont identifiés comme victimes probables de harcèlement ;
  • 17,9 % présentent des comportements agressifs envers leurs camarades ;
  • 6,1 % cumulent les deux situations, étant à la fois victimes et auteurs de comportements agressifs.

Ces résultats battent en brèche l’idée que le harcèlement ne concernerait que les collégiens et lycéens, et confirment la nécessité d’une prévention dès les premières années de scolarisation.

Un impact majeur sur la santé mentale

« Ces résultats inédits confirment que des situations de type harcèlement entre élèves sont malheureusement une réalité dès l’âge de 6 ans, avec un impact potentiellement important sur leur santé mentale », souligne la Dr Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France.

L’étude met en effet en lumière les conséquences de ces situations sur le bien-être psychologique des plus jeunes. Les enfants impliqués dans des situations de harcèlement, qu’ils en soient victimes ou auteurs, présentent beaucoup plus fréquemment des troubles probables de santé mentale. Ce constat est d’autant plus vrai pour les 6,1 % qui cumulent victimation et comportements agressifs : 40,9 % d’entre eux présentent au moins un trouble de santé mentale, contre seulement 6,8 % chez les enfants non impliqués. Parmi ces troubles, on retrouve notamment des troubles oppositionnels, l’inattention et l’hyperactivité.

Qui sont les enfants concernés ?

Ce travail permet également de mieux comprendre qui sont les enfants les plus susceptibles d’être impliqués dans des situations de harcèlement (harcelés ou harceleurs). Plusieurs facteurs de vulnérabilité ont été identifiés :

  • les enfants présentant des troubles des apprentissages ;
  • ceux bénéficiant d’un dispositif d’accompagnement à la scolarité ;
  • Les enfants nés prématurément ;
  • Les enfants en situation de surpoids ou d’obésité.

Des facteurs familiaux sont également associés à un risque accru, comme le fait de vivre dans une famille monoparentale, avec un parent ayant un niveau d’études moins élevé, ou dans un foyer confronté à des difficultés financières.

Quels outils de prévention ?

Face à ce constat, Santé publique France insiste sur l’importance d’agir dès le plus jeune âge. L’agence préconise notamment le développement des compétences psychosociales (CPS), « un ensemble de compétences psychologiques (cognitives, émotionnelles et sociales) qui permettent de maintenir un état de bien-être psychique. » Cela passe notamment par le déploiement d’outils pour les professionnels de l’éducation (comme la généralisation d’un « kit empathie » depuis 2024).

A noter : pour les enfants déjà confrontés à des situations de harcèlement, le 3018, numéro national gratuit et anonyme porté par l’association e-Enfance, offre un accompagnement aux victimes et à leurs familles.

  • Source : Santé publique France

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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