Sur TikTok, la folle rumeur de l’anti-acné qui affine le nez : ce qu’en disent les médecins

09 mars 2026

La rumeur a pris de l’ampleur sur TikTok depuis qu’elle a été relayée par Kendall Jenner. Les médicaments contre l’acné à base d’isotrétinoïne affineraient le nez. Une rumeur qui a fait réagir l’Agence nationale du médicament alors que ces molécules, très encadrées, peuvent avoir des effets secondaires graves.

« J’ai utilisé Acutane pour mon acné. Et il y a cette rumeur sur TikTok selon laquelle l’acutane affine le nez. Et je vous jure que c’est vrai ! » C’est par ces mots que Kendall Jenner, influenceuse et mannequin, a relancé de plus belle la rumeur sur le réseau social chinois. L’Acutane est l’un des noms commerciaux de l’isotrétinoïne (un dérivé de la vitamine A), anciennement commercialisé sous le nom de Roaccutane en France, on le trouve désormais sous le nom de Curacné, Procuta ou encore Contracné. Ces médicaments sont indiqués dans la prise en charge de l’acné sévère, en 2ème intention, c’est-à-dire lorsque les traitements classiques associant des antibiotiques par voie orale et un traitement local (crème, gel, lotion…) n’ont pas été suffisamment efficaces, souligne l’Agence nationale de sécurité du médicament.

L’isotrétinoïne affine-t-elle le nez ?

Sur TikTok, le Dr. Pierre Gagnieur, chirurgien spécialiste des rhinoplasties, dissipe le malentendu. L’isotrétinoïne « est un médicament qui agit en réduisant la taille et l’activité des glandes sébacées, les petites glandes sous la peau qui produisent le sébum. Le nez est une zone qui est très riche en glandes sébacées. Chez certains patients, surtout quand ces glandes sont volumineuses et très actives, le traitement peut donner un aspect plus affiné au nez, explique le médecin. Cela permet de diminuer l’inflammation, de réduire le gonflement et les zones de volume excessif. Mais il est important de le rappeler, c’est un médicament très encadré, qui est prescrit uniquement par les dermatos, et qui est réservé au traitement de l’acné sévère. Ce n’est en aucun cas un traitement esthétique du nez ».

Des propos confirmés par l’Agence de sécurité du médicament (ANSM), interrogée par franceinfo jeudi 5 mars. « Quand on a une acné, on a une peau grasse. L’isotrétinoïne assèche la peau et elle s’affine, analyse au micro de la radio publique le Dr Nathalie Dumarcet, cheffe du pôle dermatologie de l’’ANSM. Donc peut-être qu’il y a un effet d’amincissement, mais il va être temporaire. Il n’y a aucune preuve d’action sur l’os ou le cartilage. »

Un médicament aux effets secondaires parfois graves

La prescription de ces médicaments est en effet très encadrée. Si le renouvellement peut être assuré par un autre médecin, seul un dermatologue peut réaliser la prescription initiale. Et la durée du traitement est limitée, 4 à 6 mois le plus souvent, selon l’ANSM.

En cause, des effets indésirables qui peuvent être graves :

  • les troubles psychiatriques, en particulier les troubles dépressifs ;
  • les malformations du fœtus si l’isotrétinoïne est prise pendant la grossesse (risque tératogène).

De nombreux autres effets secondaires ont également été observés : des troubles des lipides et du foie, des troubles de la peau et/ou des muqueuses, des troubles de la vision, des troubles musculaires et des troubles intestinaux.

Un médicament défendu par le syndicat national des dermatologues

Si une cure d’isotrétinoïne nécessite un suivi strict afin de prévenir le risque de troubles psychiatriques, le syndicat national des dermatologues-vénérologues affirme que ce médicament a toute sa place dans l’arsenal thérapeutique contre l’acné : « la communauté dermatologique tient enfin à insister à nouveau sur le fait que les bénéfices apportés par l’isotrétinoïne dans l’acné pathologie très fréquente et aux conséquences psychologiques et physiques parfois très sévères, sont sans commune mesure avec le risque réel mais très faible de survenue de signes de dépression ou de troubles psychologiques en cours de traitement », lit-on sur son site Internet.

  • Source : ANSM, compte TikTok du Dr. Pierre Gagnière, franceinfo, le syndicat national des dermatologues vénérologues

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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