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Les fausses routes correspondent au passage d’aliments mais aussi de liquides dans les voies respiratoires au lieu de l’œsophage. Ce problème fréquent est potentiellement grave, à l’origine de complications comme une infection des poumons due à l’inhalation d’aliments (pneumopathie d’inhalation), une perte de poids et des carences liées à un apport alimentaire insuffisant (dénutrition), voire entraîner le décès de la personne.
Dans un récent flash sécurité patient, la HAS alerte. Gérer ce risque ne concerne pas uniquement les soignants d’EPHAD, mais également les aidants qui s’occupent d’un proche à domicile.
Le vieillissement naturel peut entraîner une diminution de l’efficacité de la déglutition (presbyphagie). Les fausses roues peuvent également être liées à des maladies neurologiques comme la perte progressive des fonctions cognitives ou la maladie de Parkinson, ou encore après un accident vasculaire cérébral (AVC). D’autres causes incluent des maladies de la gorge ou du larynx comme les infections fongiques (mycoses) ou les cancers, des troubles du comportement alimentaire (TCA), certaines opérations chirurgicales, des traitements par rayons (radiothérapie) ou encore la prise de certains médicaments agissant sur le cerveau, comme les antipsychotiques (neuroleptiques), les médicaments contre l’anxiété (benzodiazépines) ou les antidouleurs puissants dérivés de la morphine (opiacés).
Le reflux gastro-œsophagien peut entraîner le passage de liquide gastrique dans les voies respiratoires. Une difficulté respiratoire importante (dyspnée sévère) peut également augmenter le risque.
L’entrée d’aliments, de salive, de sécrétions rhinopharyngées ou de contenu gastrique dans les voies respiratoires peut provoquer un réflexe de toux. Ce mécanisme de défense permettant d’expulser un corps étranger peut être efficace ou inefficace. Cependant, il peut aussi être absent : on parle alors de fausses routes silencieuses.
Outre la toux pendant le repas ou à distance de celui-ci, une voix dite « mouillée » ou rauque, pendant ou à la fin du repas, peut alerter. Une gêne ou une douleur à la déglutition (odynophagie), une régurgitation par le nez ou le fait de baver ou de saliver anormalement, un raclement de gorge fréquent sont autant de signes typiques.
Une gêne respiratoire doit aussi faire évoquer une fausse route : une difficulté à respirer (dyspnée), un arrêt momentané de la respiration (apnée) ou une coloration bleutée des lèvres ou des extrémités (cyanose) au moment de la déglutition.
La répétition d’infections pulmonaires comme des pneumopathies ou la présence de bronchites chroniques peut être un signe indirect de fausses routes répétées. Des modifications du comportement alimentaire peuvent apparaître : allongement de la durée des repas, angoisse au moment de manger avec peur de s’étouffer, refus des repas en commun, sélection ou exclusion de certains aliments selon leur consistance, ou diminution des quantités consommées. Enfin, un amaigrissement, une dénutrition ou une déshydratation inexpliqués sont suspects.
Les gestes à adopter dépendent de la situation.
– Si la personne ne respire plus et ne peut plus parler, il s’agit d’une obstruction totale des voies respiratoires. Dans ce cas, il faut donner 5 tapes vigoureuses dans le dos, puis réaliser la manœuvre de Heimlich (compression abdominale destinée à expulser le corps étranger).
– Si la personne respire encore, il s’agit d’une obstruction partielle. Il faut alors il faut lui faire baisser la tête vers l’avant et l’inciter à tousser, car la toux est le mécanisme le plus efficace pour expulser le corps étranger. Une aspiration peut être réalisée si nécessaire.
– Si la personne respire, il ne faut pas taper dans le dos, car cela risquerait de déplacer le corps étranger vers les voies respiratoires profondes. Il ne faut pas non plus mettre la tête en arrière, donner à boire, pratiquer le bouche-à-bouche, ni lui faire lever les bras.

Source : Flash Sécurité Patient HAS - « Fausses routes. Lorsqu’une petite boulette devient un très gros pépin » Outil d'amélioration des pratiques professionnelles (12 févr. 2026) ; Troubles de la déglutition du sujet âgé et pneumopathies en 14 questions/réponses. Rev Mal Respir 2009 ; 26(6) : 587-605 ; Importance des fausses routes respiratoires chez 50 résidents testés aléatoirement en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Nutr Clin Metab 2020 : 34 (1) : 52-53 ; prévention et diagnostic des fausses routes Réseau des CLANs Champagne Ardenne avril 2013.

Ecrit par : Hélène Joubert – Edité par Emmanuel Ducreuzet