De nombreux Français négligent leur audition, pourquoi est-ce inquiétant ?

09 mars 2026

À l'occasion de la Journée nationale de l'Audition, le 12 mars, une nouvelle enquête révèle un paradoxe inquiétant : alors que plus d'un tiers des seniors souffrent de troubles auditifs, ils sont 4 millions à ne rien faire pour compenser leur surdité, et ainsi améliorer leurs conditions de vie.

Pour sa 29ᵉ Journée nationale de l’Audition, jeudi 12 mars,, l’Association nationale de l’Audition (ANA) dévoile les résultats de son enquête « Bien entendre, c’est bien vieillir, même au grand âge », réalisée en collaboration avec OpinionWay.

Et les résultats sont préoccupants. Si 21 % des Français déclarent souffrir de difficultés auditives, ce chiffre grimpe à 37 % chez les personnes de 65 ans et plus. Pourtant, seul un quart d’entre eux sont équipés d’un appareil auditif.

Plus alarmant encore : les Français ne semblent pas établir de lien entre le fait de bien entendre et une bonne santé. Ils placent les troubles de l’audition au 6ᵉ rang de leurs préoccupations sanitaires, loin derrière les cancers (73 %), les troubles de la mémoire (66 %), la perte d’autonomie (65 %), les troubles de la vue (53 %) et la dépression (51 %).

« Alors que les incidences des troubles de l’audition sur les maladies de la mémoire, la dépression, la perte d’autonomie et l’isolement sont scientifiquement démontrées, les Français n’établissent pas de liens » entre l’audition et leurs inquiétudes, alerte l’ANA.

Bien entendre pour bien vieillir

Car la science est formelle : notre capacité à bien entendre joue un rôle déterminant dans le maintien de nos fonctions cognitives, particulièrement à mesure que nous vieillissons.

« Quand l’audition diminue, le cerveau doit redoubler d’efforts pour comprendre, interpréter, combler les manques », précise l’association France Alzheimer. Cette surcharge cognitive n’est pas sans conséquence : elle épuise les ressources cérébrales normalement disponibles pour d’autres fonctions essentielles, comme la mémoire ou l’attention.

Au-delà de cet épuisement neuronal, la perte auditive entraîne progressivement des difficultés de communication qui peuvent mener à l’isolement social. Or, cet isolement constitue lui-même un facteur de risque majeur de maladies neurodégénératives et de dépression.

Il n’est jamais trop tard

L’enquête « Bien entendre, c’est bien vieillir, même au grand âge » apporte cependant un message d’espoir : agir sur la perte auditive, même tardivement, peut avoir un impact significatif sur la prévention du déclin cognitif.

« Corriger une perte auditive, par exemple grâce à un appareil auditif ou un implant cochléaire, permettra de réduire significativement le risque de maladie d’Alzheimer ou de maladie apparente », précise l’ANA. Laquelle a lancé le plan national « Audition & Grand Âge 2026-2028 » pour faire de la santé auditive un pilier du bien-vieillir. L’association appelle ainsi à une mobilisation autour de cinq axes prioritaires :

  • renforcer l’information sur les risques liés aux troubles auditifs ;
  • systématiser le dépistage dès les premiers signes de déficience auditive ;
  • accompagner les aidants dans la détection et le suivi ;
  • lever les freins psychologiques associés à la compensation des troubles auditifs ;
  • faciliter l’accès aux dispositifs de compensation.
  • Source : Association nationale de l’audition

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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