Cigarette électronique, danger…

[31 mai 2011 - 17h15] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h46]

Les cigarettes électroniques commencent à se répandre en France. On en trouve même dans beaucoup de pharmacies, qui du coup se mettent à moins bien mériter leur slogan d’espace-santé… L’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) en effet, recommande de ne pas utiliser ces appareils, présentés (à tort semble-t-il) comme des cigarettes sans la fumée… Elle rappelle également, tout comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qu’elles ne constituent en rien une aide au sevrage.

Une cigarette électronique reproduit la forme et les sensations d’une cigarette « classique ». Elle comporte une batterie, un microprocesseur, un pulvérisateur et une cartouche contenant le produit destiné à être vaporisé. Il s’agit généralement d’un liquide susceptible de contenir de la nicotine ou des substances aromatiques : additifs alimentaires ou arômes artificiels. Lors de l’aspiration le liquide, mélangé à l’air inspiré, est diffusé sous forme de vapeur. C’est celle-ci qui reproduit la fumée d’une cigarette.

Les pharmacies en infraction ?

« La cigarette électronique n’est pas une aide au sevrage. Il n’existe aucune étude, aucune preuve dans ce sens » explique le Pr Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de Prévention du Tabagisme (OFT). Pour l’AFSSaPS, « à ce jour, aucun type de cigarette électronique ne dispose d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Car aucun fabricant n’a déposé de demande en ce sens. Par ailleurs, elles ne peuvent être vendues en pharmacie car elles ne figurent pas sur la liste des produits dont la délivrance est autorisée » à ces dernières.

Muriel Marland-Militello, député UMP des Alpes-Maritimes demande au ministre en charge de la Santé « de faire immédiatement le nécessaire afin que les cigarettes électroniques ne soient plus mises à la vente dans aucune pharmacie ». Nous attendons très prochainement les réactions du Conseil national de l’Ordre des Pharmaciens sur ce sujet.

L’Agence rappelle aussi que ces produits contiennent de la nicotine. Que cette dernière a été classée comme substance dangereuse par l’OMS, et que la réglementation du médicament encadre l’utilisation de produits de substitution nicotinique. L’exposition à la nicotine en effet, doit être limitée et contrôlée.

Pour le Pr Bertrand Dautzenberg, ces cigarettes constituent ni plus ni moins qu’une incitation au tabagisme. « Les fabricants vantent leurs produits en disant ‘prenez la cigarette électronique pour fumer là où c’est interdit’. C’est clairement une incitation au tabagisme. Cela peut (même) être un produit d’initiation au tabagisme, avec un risque de dépendance à la nicotine. » Un discours identique en tout point à celui de l’AFSSaPS : « l’usage de ce produit expose les utilisateurs qui n’étaient dépendants ni aux cigarettes, ni à la nicotine, à un risque de dépendance primaire ».

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