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Samedi 28 février se tient la Journée mondiale des maladies rares. Il s’agit de maladies qui n’affectent pas plus d’une personne sur 2 000. Selon le ministère de la Santé, 7 000 maladies rares sont identifiées à ce jour et concernent 3 millions de personnes au total, soit près de 4,5 % de la population. Ces maladies représentent un enjeu de santé publique majeur car elles concernent de très nombreux patients dont seul un 1 sur 2 dispose d’un diagnostic. En France, elles sont responsables de 10 % des décès entre un an et cinq ans.
Cette année, la Société française de dermatologie a voulu braquer les projecteurs sur l’albinisme, une maladie génétique rare associant atteinte cutanée et troubles visuels. Celle-ci résulte de mutations dans au moins 19 gènes qui affectent la production de mélanine, le pigment responsable de la coloration de la peau, des cheveux et des yeux. Cette maladie est présente dans le monde entier et concerne une naissance sur 17 000. Elle concerne 1 personne sur 2 000 dans certains pays d’Afrique et 1 sur 200 dans certaines îles de Panama, selon l’association Genespoir. Près de 5 000 personnes seraient atteintes d’albinisme en France.
Contrairement aux idées reçues, l’albinisme n’est pas uniquement une peau ou des cheveux très clairs. « L’albinisme est une maladie génétique complexe, qui dépasse largement la seule question de la couleur de peau. Une meilleure connaissance de ses mécanismes et une coordination nationale des soins permettent aujourd’hui d’améliorer significativement la prise en charge et la qualité de vie des patients », souligne le Pr Smail Hadj-Rabia, dermatologue au centre de référence des maladies génétiques à expression cutanée à l’hôpital Necker (Paris).
Outre, la dépigmentation de la peau, des poils des cheveux – d’une hypopigmentation généralisée à certains degrés de pigmentation dans les formes incomplètes – la maladie s’accompagne très souvent :
Il existe une vingtaine de formes différente d’albinisme et trois grandes formes sur le plan clinique : l’albinisme oculocutané (la peau et les yeux sont atteints), l’albinisme oculaire (seuls les yeux sont atteints) et l’albinisme syndromique. Cette dernière forme est beaucoup plus rare et peut être associée à des troubles hématologiques, immunitaires, pulmonaires ou digestifs.
Le diagnostic est parfois difficile à poser chez les enfants au phototype clair. Il repose sur l’examen clinique mais sera confirmé par le test génétique – une analyse moléculaire des 19 gènes connus impliqués dans l’albinisme – qui permettra notamment d’identifier la forme concernée. Toutefois, selon la HAS, 15 % des personnes atteintes d’albinisme restent sans diagnostic moléculaire, ce qui suggère que les mutations se trouvent dans des régions non explorées des gènes connus ou que d’autres gènes sont responsables d’albinisme chez ces patients.
La prise en charge est pluridisciplinaire et repose sur :
Il n’existe pas de traitement médicamenteux de l’albinisme mais plusieurs études sont en cours. La recherche progresse dans le domaine de la compréhension des mécanismes de la pigmentation et du développement oculaire. Selon la Fédération française de dermatologie, les travaux explorent :

Source : HAS, Société française de dermatologie, Genespoir

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet