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Elle est sans aucun doute l’objet le plus sale de votre maison. Elle, c’est l’éponge. Une étude publiée en 2017 dans la revue Scientific reports, et qui s’est attachée à décrire le microbiome bactérien des éponges de cuisine le confirme. « L’analyse d’images a montré des densités locales atteignant 5,4 × 10¹⁰ cellules par cm³ et a confirmé la dominance des Gammaprotéobactéries, écrivent les auteurs. Notre étude souligne et met en évidence le rôle des éponges de cuisine comme foyers microbiologiques importants dans l’environnement biologique, capables de collecter et de disséminer des bactéries potentiellement pathogènes ».
« L’éponge, c’est absolument ignoble (…) Elle collecte les germes, notamment les bactéries. Elles se reproduisent et ensuite, vous les remettez partout où vous utilisez l’éponge », expliquait en novembre 2025 au micro de RTL, le microbiologiste et hygiéniste Christophe Mercier-Thellier. Selon lui, il faudrait remplacer l’éponge par un chiffon en microfibres qu’on laverait tous les jours.
Globalement, la cuisine est le lieu le plus contaminé de la maison. Si les éponges sont les objets les plus sales, l’organisation indépendante NFS international avait également identifié, dans une étude menée en 2011, les torchons, les plans de travail et les planches à découper comme grands pourvoyeurs de bactéries dans les intérieurs. La présence de bactéries coliformes (une famille de bactéries comprenant les salmonelles et Escherichia coli, indiquant une possible contamination fécale) avait alors été retrouvée sur 75 % des éponges et torchons, 45 % des éviers, 32 % des plans de travail et 18 % des planches à découper.
Sans oublier les machines à café et notamment les machines à capsules. Une étude de 2015 avait identifié entre 35 et 67 familles de bactéries différentes dans le marc de café provenant de bacs à capsules des machines.
Les téléphones portables et claviers d’ordinateurs – télécommandes, dans une moindre mesure – sont également pleins de bactéries. Notamment parce qu’on les touche de très nombreuses fois dans la journée sans forcément s’être lavé les mains.
La chercheuse Primrose Freestone, dans un article publié en 2023, sur le site de The Conversation, énumérait les bactéries retrouvées sur nos téléphones portables selon plusieurs études. « Parmi ces bactéries figurent Escherichia coli (responsable de diarrhées et provenant, soit dit en passant, des matières fécales humaines), le staphylocoque (infectant la peau), ainsi que les actinobactéries (causant la tuberculose et la diphtérie), Citrobacter (responsable d’infections urinaires douloureuses) et Enterococcus (connu pour provoquer des méningites). Klebsiella, Micrococcus, Proteus, Pseudomonas et Streptococcus ont également été retrouvés sur les téléphones et peuvent tous avoir des effets tout aussi néfastes sur la santé humaine », écrivait-elle.
Elle se fait notamment l’écho d’une étude sur la contamination microbiologique des téléphones portables appartenant aux cliniciens des hôpitaux du Bangladesh. Les tests de sensibilité effectués avec 11 antibiotiques ont révélé que la majorité des bactéries isolées présentaient une résistance.
Les claviers d’ordinateurs ne sont pas en reste. Dans une étude publiée en 2018 dans l’International journal of Environnement research and public health, portant sur l’intérêt d’une désinfection ; « sur les deux surfaces (téléphones portables et claviers d’ordinateur), les bactéries commensales cutanées courantes, telles que les staphylocoques à coagulase négative, étaient les plus fréquemment retrouvées. Sur les claviers, les espèces du genre Bacillus et les représentants de la famille des Enterobacteriaceae étaient abondants. Les espèces potentiellement pathogènes étaient représentées par Staphylococcus aureus », détaillaient les auteurs de l’étude.
Ainsi est-il important de désinfecter son téléphone et son clavier d’ordinateur tous les jours avec des produits à base d’alcool.
L’étude de la NSF, comme plusieurs autres, présentait également la brosse à dents comme l’un des objets parmi les plus contaminés dans la maison, très souvent présentée comme un véritable nid à bactéries. C’est aussi le cas des gamelles et des jouets des animaux domestiques. Attention aussi à votre linge de maison, notamment les serviettes de toilettes qui restent en milieu humide, propice au développement des bactéries, et vos oreillers. Il est essentiel de les laver souvent à une température suffisante pour éliminer les bactéries. Enfin lors du nettoyage de la maison, pensez bien à désinfecter vos poignées de portes, elles aussi riches en micro-organisme !

Source : NFS, The conversation, RTL, Nature, The journal of Microscopy and ultrastructure, International journal of Environmental research and public health

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet