Du Bisphénol A ou du mercure, pour vos dents ?

[08 décembre 2011 - 17h49] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h49]

Les amalgames et autres produits d’obturation, dont les résines utilisées pour le traitement des caries, vont-ils disparaître des cabinets dentaires ? Entre les premiers qui sont composés à base de mercure et les seconds qui contiennent du bisphénol A (BPA), la question de leur innocuité se pose. Celle de leur éventuel remplacement aussi… . Dans le numéro de décembre du magazine Le chirurgien dentiste de France, Michel Goldberg, professeur émérite à l’Université Paris Descartes(Paris) et spécialiste en odontologie, s’inquiète d’un avenir où les solutions alternatives au mercure et au BPA seront très limitées.

Dangereux, pas dangereux le mercure ? En 2005, l’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) publiait un rapport sur les amalgames dentaires. « Les concentrations de mercure identifiées dans les amalgames ne sont pas de nature à entraîner des effets toxiques », expliquait-elle. L’Agence déconseillait cependant l’emploi de ce dispositif médical aux femmes enceintes ou qui allaitent. Il existerait un risque de libération de mercure…

Il n’en fallait pas plus pour jeter le discrédit sur les amalgames dentaires. A noter que l’agence devrait faire une mise au point sur ce sujet, début 2012. Elle a engagé « un travail de mise à jour des recommandations émises en 2005, concernant les amalgames dentaires. Cette étude, incluant la question des alternatives à l’amalgame, fera l’objet d’une mise au point début 2012 », peut-on lire sur son site. C’est dire si le flou entoure la question de l’innocuité du mercure dans les plombages…

Obscurantisme scientifique… « Nous sommes confrontés à des accusations dépourvues de tout fondement scientifique », explique le Pr Michel Goldberg. Il n’hésite pas d’ailleurs à s’attaquer frontalement aux « groupes mono-obsédés par les méfaits du mercure ».

Du bisphénol A dans les résines…

Selon lui par ailleurs, l’alternative utilisée par de nombreux dentistes n’est rien d’autre que de la résine contenant du BPA. « En dentisterie, le BPA est libéré par la plupart des résines de reconstitution et les produits de scellement de sillon destinés aux soins de prévention de la carie », explique-t-il.

Interdire, mais sur des bases scientifiques solides. Si les dangers du BPA commencent à émerger, de nombreuses incertitudes scientifiques demeurent. « Le BPA est libéré dans la salive 3 heures après mise en place de la restauration dentaire. Il semble que la dose à court terme (…) n’ait pas été correctement évaluée et fasse l’objet de débats. De plus la libération à long terme reste encore à déterminer ». C’est pourquoi tant pour le BPA que pour le mercure, le Pr Michel Goldberg demande que toute décision soit fondée sur « des faits scientifiquement prouvés et un principe de précaution qui fasse pencher la balance vers la prudence ».

Aller plus loin :

– lire le document de l’Association dentaire française à propos des amalgames dentaires ;
– lire le rapport du Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks, de la Commission européenne, en anglais seulement ;
– lire l’intégralité du rapport de l’ANSES sur le bisphénol A.

Partager cet article