Euthanasie, le Sénat dit non

[26 janvier 2011 - 17h35] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h42]

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Sénat a rejeté la proposition de loi de légalisation de l’euthanasie à 170 voix contre 142. Quelques heures auparavant, l’Académie nationale de Médecine réitèrait son opposition à toute dépénalisation de cette pratique. Elle redoutait notamment, l’exposition des personnes les plus vulnérables à de graves dérives.

Les académiciens dénoncaient vivement la volonté d’autoriser une « euthanasie active », telle qu’elle est portée par le texte adopté la semaine dernière par la Commission des Affaires sociales du Sénat. Ils regrettaient également l’idée de « faire porter sur les seuls médecins, en toutes circonstances, l’obligation de l’aide à mourir ». En effet, l’Académie rappellait un article du Code de Déontologie médicale selon lequel, « le médecin n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort ».

L’Académie estimait en outre que les mesures d’encadrement réglementaires ne seraient en aucun cas suffisantes. Si le texte était adopté, « une porte aurait été ouverte à la dépénalisation de toutes les formes d’euthanasie, à commencer par celle des personnes les plus vulnérables ». Elle dénoncait ainsi « avec fermeté la menace d’une grave dérive » sociétale.

Pour sa part, l’Ordre national des Infirmiers (ONI) regrettait ne pas avoir été sollicité dans la préparation de l’actuelle proposition de loi. Il dénoncait également une méconnaissance par les professionnels de santé comme par les patients, de la Loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie et les soins palliatifs.

Avant même d’être discuté au Sénat, le texte avait déjà perdu de sa substance. En effet, nos confrères du quotidien Libération évoquaient hier sur le site de ce dernier « le vote par la Commission des Affaires sociales du Sénat d’un amendement dit «extérieur», supprimant l’article premier de la proposition de loi visant à légaliser » l’euthanasie. Lundi, le Premier ministre François Fillon et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé Xavier Bertrand, avaient exprimé leur opposition à la légalisation de cette pratique.

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