Semaine du glaucome : 7 choses à savoir sur une maladie oculaire insidieuse et méconnue

12 mars 2026

A l’occasion de la semaine du glaucome, faisons le point sur cette maladie oculaire, deuxième cause de cécité dans le monde. Pourtant, en France, près de 500 000 personnes en souffriraient sans le savoir.

1 – Le glaucome entraine la destruction du nerf optique 

Le glaucome est une maladie chronique de l’œil qui entraîne une destruction du nerf optique. L’élévation de la pression intraoculaire, appelée hypertonie oculaire, en est le principal facteur. L’humeur aqueuse est un liquide produit en permanence à l’intérieur de l’œil. Elle est évacuée au travers d’un filtre, le trabéculum, situé à l’angle entre l’iris et la cornée.

Si ce liquide s’évacue mal, la pression à l’intérieur du globe oculaire s’élève, ce qui finit par altérer les fibres du nerf optique. Dans le glaucome, les terminaisons nerveuses du nerf optique sont abîmées au niveau de la rétine et le nerf optique perd progressivement ses fibres. Il en résulte un rétrécissement progressif du champ visuel.

2 – Le glaucome est la deuxième cause de cécité dans le monde

Le champ de vision se réduit progressivement, d’abord sur les côtés. Si les lésions progressent, la vision centrale disparaît, c’est la cécité. Le glaucome est la deuxième cause de cécité dans le monde derrière la cataracte et touche 1 à 3 % de la population mondiale au-delà de 40 ans ; près de 10 % après 70 ans.

3 – Le glaucome évolue silencieusement

Comme l’explique l’Hôpital national des 15-20, le principal danger du glaucome est son évolution lente. « Pendant des années, aucun symptôme. La vision paraît normale. Mais lorsque les premiers troubles deviennent perceptibles, les atteintes sont déjà irréversibles. » Ainsi, selon les chiffres avancés par Ameli.fr, quelque 800 000 personnes sont traitées en France pour un glaucome mais au moins 400 000 à 500 000 souffriraient de la maladie sans le savoir. Le glaucome peut en effet progresser des années, parfois durant 10 ans, sans signe d’alerte perceptible.

4 – Un dépistage précoce est essentiel

Dans ce contexte, le dépistage précoce du glaucome est essentiel. Cet examen ophtalmologique permet de mesurer la pression de l’œil et d’examiner le nerf optique avant que des dommages majeurs ne surviennent. Le Collectif France glaucome milite pour identifier les personnes à risque de glaucome via l’intégration d’une question relative aux antécédents familiaux dans le questionnaire « Mon Bilan Prévention ». Il demande également à renforcer le dépistage précoce par des campagnes d’information, soutenir la recherche et améliorer l’accès aux traitements innovants.

« Le glaucome ne se limite pas à une atteinte de la vision : il impacte profondément la qualité de vie. Il est associé à de nombreuses comorbidités, notamment un risque accru de chutes, de dépression et de perte d’autonomie. Agir précocement, c’est préserver la santé visuelle mais aussi la santé globale et la dignité des patients », rappelle Mme Josée Gaillard, présidente de l’association France Glaucome.

5 – Quels sont les publics à risque ?

Ainsi, dès 40 ans, il est conseillé de consulter un ophtalmologiste. Surtout si vous présentez au moins un des facteurs de risque, cités par Ameli :

  • un membre de votre famille souffre d’un glaucome ;
  • vous êtes myope ;
  • vous avez eu un problème oculaire : décollement de rétine opéré, uvéite, traumatisme oculaire, malformation oculaire ;
  • vous avez la peau noire ;
  • vous prenez des corticoïdes de façon prolongée.

6 – Le Glaucome ne se guérit pas

S’il y a une perte de vision au moment du diagnostic, celle-ci est irréversible. Aucun traitement ne permet de guérir du glaucome. La prise en charge consiste à faire baisser la pression intra-oculaire, maintenir la qualité visuelle, améliorer la qualité de vie et assurer un suivi à vie.

Le traitement de première intention est un collyre qui vise à diminuer la pression intraoculaire en réduisant la sécrétion de l’humeur aqueuse, ou en facilitant son élimination. Si la pression intra-oculaire reste élevée un traitement par laser peut être proposé, avec des résultats qui ne sont généralement pas définitifs. Enfin, si la situation ne se normalise pas, une intervention est envisagée. Elle consiste à créer une nouvelle voie d’évacuation de l’humeur aqueuse pour maintenir une pression normale dans l’œil.

7 – Il existe des formes de glaucome plus rares

Dans le glaucome à angle fermé, l’iris se colle sur le trabéculum en formant un angle étroit avec la cornée. Il est ainsi obstrué ce qui empêche la vidange de l’humeur aqueuse. Ces glaucomes peuvent évoluer l’entement par poussées ou de manière aigüe, avec une augmentation rapide de la pression intraoculaire. Cette situation nécessite une consultation en urgence.

Dans le glaucome à angle normal, le nerf optique est endommagé malgré une pression intraoculaire normale. « Il peut survenir en raison de troubles circulatoires au niveau du nerf optique. Il atteint en particulier les personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires ou de coagulation, mais aussi de pression artérielle basse », explique les hôpitaux universitaires de Genève.

Les glaucomes congénitaux surviennent chez les enfants qui naissent avec un défaut ou une immaturité dans le développement de l’angle de l’œil. Si votre enfant craint la lumière, se frotte les yeux ou a les yeux qui larmoient, consultez votre ophtalmologue  ou votre pédiatre, recommande les hôpitaux universitaires de Genève.

  • Source : Hôpital national des 15 – 20, Hôpitaux universitaires de Genève, Ameli.fr, Collectif France Glaucome

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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