Malgré les engagements politiques pour lutter contre les inégalités de santé, la précarité reste un frein majeur concernant l’accès aux soins. Publié à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère organisé ce 17 octobre, un rapport de Médecins du Monde dresse le triste bilan de cette problématique de plus en plus prégnante en France.  

Ce 17 octobre est marqué par la Journée mondiale du refus de la misère. L’occasion pour Médecins du Monde (MdM) de marquer le coup avec la publication du 17e rapport annuel de l’Observatoire de l’accès aux droits et aux soins. Mené par 2 254 intervenants dans plus de 30 villes de France auprès de la population migrante, ce travail ne laisse aucun doute sur le manque de prévention sanitaire et de suivi médical auprès des populations précaires.

Vaccins, santé de la femme, VIH/SIDA…

Les carences les plus frappantes sont relevées dans les domaines de :

  • La couverture vaccinale : dans la totalité des centres MdM, « chez les plus de 15 ans, moins d’une personne sur deux est à jour pour le tétanos, la diphtérie, la polio et le BCG ». Et moins d’une personne sur trois est à jour pour le ROR (rougeole, oreillons, rubéole), la coqueluche et l’hépatite B ». La couverture vaccinale est légèrement meilleure auprès des moins de 15 ans. « Mais elle reste largement insuffisante au regard des objectifs de santé publique pour garantir une protection efficace à l’ensemble de la population » ;
  • La santé de la femme : chez les 26-59 ans, seules 29% des femmes ont déjà réalisé un frottis. Une proportion trois fois moindre comparée à la population générale française. Autre donné inquiétante, « seules 12% des femmes en âge de procréer ont indiqué utiliser une contraception, soit 5 fois moins que la moyenne nationale ». Dans le domaine de la grossesse, le bilan n’est pas plus rassurant : « 5,3% des femmes enceintes disposent d’une couverture maladie au jour de leur première visite dans un centre Médecins du Monde. Près de la moitié de ces femmes présentent un retard de suivi de grossesse ». Enfin, « seules 4 futures mamans sur 10 ont eu accès à des soins périnataux alors que 14% d’entre elles présentent des antécédents de grossesses pathologiques »;
  • La lutte contre le virus du SIDA et les hépatites : lors de leur première consultation, seuls 21% des adultes connaissent leur statut sérologique pour les hépatites, et 26% pour le VIH/SIDA.

« Quand on ne sait pas où l’on va dormir le soir ou ce que l’on va manger, comment prendre soin de sa santé et entrer dans une démarche de prévention ? », interroge le Dr Françoise Sivignon, présidente MdM.

Pour lutter contre cette exclusion et diminuer les obstacles de recours aux soins, « nous demandons la suppression de l’Aide Médicale d’Etat (AME) pour les étrangers et son intégration dans le régime de la Sécurité sociale ». En effet,  l’accès à l’AME nécessite aujourd’hui des démarches longues et complexes tant les critères d’inclusion sont restrictifs. Supprimer cette aide et compenser cette mesure en ouvrant le droit à la couverture sociale classique aux plus démunis permettraient d’améliorer leur accès aux soins remboursés.

Autre levier, renforcer les structures de proximité telle que la protection maternelle infantile pour assurer une bonne couverture sanitaire.

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