Accident ischémique transitoire : quel risque d’AVC à long terme ?

04 avril 2025

L’AIT est bien souvent une alerte d’AVC qu’il est primordial de traiter. Mais s’il est important d’agir à très court terme, le risque de survenue d’un AVC après un AIT serait accru bien des années après l’événement, selon une étude.

Les accidents ischémiques transitoires (AIT) surviennent lorsque la circulation sanguine est temporairement interrompue dans le cerveau à cause d’un caillot qui obstrue un vaisseau. Plusieurs symptômes peuvent en être le signe : un engourdissement du visage, d’un bras ou d’une jambe (ou une perte de force), un trouble de la vision temporaire d’un œil ou encore des troubles de la parole… Ces symptômes disparaissent en quelques minutes mais doivent être pris en charge immédiatement car le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) dans les jours qui suivent est élevé.

Mais à plus long terme, quel est le risque de survenue d’un accident vasculaire cérébral après un accident ischémique transitoire (AIT) ou un AVC mineur ? C’est ce qu’a voulu savoir une équipe de chercheurs de l’université de Calgary (Canada). En effet, le risque d’AVC est bien documenté dans les trois mois qui suivent un AIT ou un AVC mineur. Ainsi, le risque d’avoir un AVC après un AIT peut atteindre 16 % à trois mois selon la présente méta-analyse. Mais au-delà, ce risque restait à évaluer. Les chercheurs voulaient aussi mesurer le risque d’AVC plus sévère et les implications sur la surveillance du patient, la prévention, le traitement et la stratification du risque. Les résultats ont été publiés dans The Journal of the american medical association le 26 mars 2025.

Pour le renforcement de la prévention secondaire

Ils ont pour cela analysé les données de 171 068 patients, issues de 38 études internationales sur les AVC mineurs et/ou les AIT. Résultats : le taux d’incidence cumulé d’AVC était de 5,9 % à 1 an, 12,5 % à 5 ans, à 19,8 % à 10 ans (5,9 % la 1ère année, 1,80 % de la 2ème à la 5ème année et 1,72 % de la 6ème à la 10ème année). 1 patient sur 5 risque de subir un AVC plus grave dans les 10 ans qui suivent un AIT ou un AVC mineur et 10 % de ces AVC sont susceptibles d’être mortels.

La moitié des AVC ultérieurs sont survenus plus d’un an après l’événement initial. « Ce qui nous a surpris, c’est l’ampleur de ce risque au-delà de 90 jours, souligne auprès de TCTMD, le journal en ligne de la Fondation pour la recherche cardiovasculaire (CRF), Faizan Khan, principal auteur de l’étude. Étant donné que la plupart des structures de prévention secondaire ne suivent leurs patients que pendant les 90 premiers jours, nous espérons que nos résultats attireront l’attention sur ce risque élevé et persistant. Nous espérons aussi que nos résultats serviront de référence pour améliorer les pratiques actuelles en matière de prévention des AVC à long terme. »

  • Source : Long-Term Risk of Stroke After Transient Ischemic Attack or Minor Stroke, JAMA, 26 mars 2025 ; tctMD.com

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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