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La sédentarité est un facteur de risque majeur de maladies non transmissibles ainsi que la quatrième cause principale de décès prématurés dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), un tiers de la population ne pratique pas la quantité recommandée d’activité physique pour protéger sa santé.
Bouger plus longtemps, c’est bien, mais plus intensément, c’est mieux. C’est en substance la conclusion d’un travail publié dans l’European Heart Journal.
Une équipe internationale a mené une étude sur environ 96 000 personnes. Chaque participant a porté un accéléromètre au poignet pendant une semaine afin de mesurer précisément ses mouvements. Ces données ont ensuite été comparées avec la probabilité de mourir ou de développer huit problèmes de santé graves au cours des sept années suivantes (maladies cardiovasculaires majeures, arythmie cardiaque, diabète de type 2, maladies inflammatoires à médiation immunitaire, maladies du foie, maladies respiratoires chroniques, maladies rénales chroniques et démence).
Résultat : même de courtes périodes d’activité, les activités physiques intenses (courir pour attraper son bus, par exemple) réduisaient globalement le risque de maladie et de décès. Elles protègent particulièrement contre les maladies inflammatoires, notamment l’arthrite, les maladies cardiovasculaires graves, telles que l’infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux, et la démence.
« Nous savons que l’activité physique réduit le risque de maladies chroniques et de décès prématuré, et de plus en plus de preuves indiquent qu’une activité physique intense procure de plus grands bienfaits pour la santé par minute qu’une activité modérée », indiquent les auteurs.
Lesquels ont également constaté qu’une proportion plus élevée d’activité physique intense avait une influence encore importante pour certaines maladies que pour d’autres. Par exemple, pour les maladies inflammatoires comme l’arthrite et le psoriasis, l’intensité était presque le seul facteur déterminant pour réduire le risque.
« L’activité physique intense semble déclencher des réponses spécifiques dans l’organisme que l’activité physique de plus faible intensité ne peut reproduire pleinement, expliquent les auteurs. Lors d’un effort physique intense – celui qui vous essouffle –, votre corps réagit de manière puissante. Votre cœur pompe plus efficacement, vos vaisseaux sanguins deviennent plus souples et votre organisme améliore sa capacité à utiliser l’oxygène. Une activité physique intense semble également réduire l’inflammation. Cela pourrait expliquer les fortes corrélations observées avec des affections inflammatoires comme le psoriasis et l’arthrite. Elle pourrait aussi stimuler la production de substances chimiques dans le cerveau, contribuant ainsi à la santé des cellules cérébrales et, par conséquent, à la diminution du risque de démence. »
Enfin les scientifiques rassurent : inutile d’aller à la salle de sport. Intégrez à votre quotidien de courtes périodes d’activité physique intense qui vous essoufflent légèrement, comme monter les escaliers rapidement ou jouer activement avec vos enfants, peut faire une réelle différence. Même 15 à 20 minutes par semaine de ce type d’effort – quelques minutes par jour seulement – ont été associées à des bienfaits significatifs pour la santé.

Source : https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehag168/8537159

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet