Ado : laissez-le prendre des risques… encadrés

[23 septembre 2016 - 10h43] [mis à jour le 23 septembre 2016 à 10h44]

Premier scooter, premières soirées… Là où votre adolescent voit de l’autonomie et du plaisir, vous voyez surtout de potentiels dangers. Pourtant les peurs et les interdits qui vont avec n’ont jamais rien évité, bien au contraire. Votre rôle ? L’aider à concilier ses désirs et les réalités du monde.

« Pour prendre confiance en lui et avancer dans la vie, l’être humain a besoin de faire ses propres expériences. Si on aime son enfant, si on veut le meilleur pour lui, il faut le laisser prendre des risques », rappelle en préambule l’éducatrice et psychologue Véronique Guérin. Une perspective qui vous tétanise ? Il n’y rien de plus normal. Pourtant, vous avez déjà réussi à le faire par le passé. Quand votre grand dadais n’était qu’un bambin, il est tombé plusieurs fois avant de savoir marcher ou avancer sur son vélo à deux roues. Il s’est même parfois écorché les genoux. Mais grâce à vous, il ne s’est jamais fait trop mal. Même si, puberté oblige, il ressent aujourd’hui davantage le besoin de tester votre autorité et de repousser les limites, les choses ne sont finalement pas si différentes.

Pas question donc de freiner votre ado, ni d’être toujours derrière lui même si vous en mourez d’envie. Car paradoxalement, vous risqueriez de l’inciter à se mettre encore plus en danger. « Le besoin de grandir, l’énergie vitale sont si débordants… Essayer de les étouffer ne ferait que les amplifier. L’adolescent prendra des risques de toute façon. Et comme il ne sera pas accompagné, les conséquences ne pourront être que plus fâcheuses », rappelle Véronique Guérin.

Canalisez les prises de risque

Mieux vaut donc essayer de canaliser ses prises de risque, en commençant par écouter ce que votre adolescent cherche à dire à travers ses demandes, sans vous braquer d’emblée. Ensuite, à vous de le préparer aux divers scénarii possibles.

Malgré ses promesses, vous savez bien qu’il y aura probablement de l’alcool voire du cannabis à cette fameuse soirée. Le mieux est donc de lui demander « imaginons qu’il y en ait quand même, comment penses-tu réagir ? » Lui interdire de boire serait vain. Mais rappelez-lui par exemple de ne le faire qu’en présence de gens qu’il connaît bien et en qui il a confiance. Ou que vous préférez qu’il dorme sur place, après vous avoir prévenu. Et surtout, il doit savoir qu’il a le droit à l’erreur et ne doit jamais hésiter à vous appeler, quoi qu’il arrive.

Ensuite, si vraiment son projet vous fait trop peur, pour diverses raisons pas forcément objectives, dites-le lui, tout simplement. Il verra ainsi qu’il n’a pas en face de lui un parent obtus mais un être humain. Vous pouvez aussi déléguer à un autre adulte le fait de l’accompagner dans le projet qui lui tient tant à coeur. Ce n’est pas une démission, juste une admission de vos propres limites de parent.

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