Mannequins, « vedettes » de la télé-réalité, réseaux sociaux… du fait de la pression médiatique et/ou sociale, de nombreux adolescents cèdent aux appels de la chirurgie esthétique. Majoritairement, des filles. Une décision qui n’a rien d’anodin. Le Dr Laurent Martinet, chirurgien esthétique à Nantes, nous explique comment il fait la distinction entre une demande fondée et celle qui relève du caprice.

« De façon générale, la chirurgie est un créneau porteur », commente–t-il. « Les demandes des ados augmentent, majoritairement chez les jeunes filles, et ce, dès 15 ou 16 ans. » Sans trop de surprises, les plus fortes sollicitations de ce jeune public concernent la chirurgie mammaire (augmentation ou réduction), la rhinoplastie (chirurgie du nez), la lipoaspiration…

Le droit au refus

Avant toute intervention « il est nécessaire de voir la patiente avec les parents ! Légalement, il n’y a pas d’opération possible chez un mineur sans le consentement écrit des 2 parents. » Ensuite, il convient d’évaluer les motivations « comme pour n’importe quel patient, et pas simplement les ados ». Deux à trois consultations seront ainsi nécessaires afin de déterminer la pertinence de l’intervention. Faire le tri entre la nécessité et le fait « que l’on n’aime pas la bosse sur le nez lorsque l’on fait un selfie ».
Autre élément d’importance, « s’assurer que l’on n’est pas face à une demande des parents pour la jeune fille. Cela arrive pour une chirurgie très particulière : les oreilles décollées. Il est préférable pour ce type d’intervention, que le patient – même un enfant – exprime son souhait ». Car « ce ne sont pas les parents qui vont souffrir de douleurs post-opératoires. Il est donc important que le jeune patient ait pris la mesure de l’ensemble de la procédure chirurgicale. » En clair, l’adhésion au projet thérapeutique est essentielle !

Lorsque nous l’estimons nécessaire, « il est de notre responsabilité professionnelle de refuser une intervention », lance Laurent Martinet.

Un âge minimum ?

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère que l’adolescence est « la période de croissance et de développement humain qui se situe entre l’enfance et l’âge adulte, entre 10 et 19 ans. » Pour autant, pour le Dr Martinet, pas question d’intervenir trop tôt – à l’exception de la chirurgie des oreilles qui peut être réalisée dès 7 ans – du fait de la puberté, de la croissance… « Une intervention mammaire a rarement lieu avant 17 ans par exemple. »

Partager cet article

SYNDICAT DE LA PRESSE INDÉPENDANTE D'INFORMATION EN LIGNE
Service de Presse en Ligne reconnu par la Commission paritaire des Publications et Agences de Presse (CPPAP) sous le n°0318 W 90885 (article 1er de la loi n° 86-187 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la presse)