Adoption: comment en parler à son enfant?

[20 juin 2014 - 10h51] [mis à jour le 20 juin 2014 à 10h53]

Il n’est jamais trop tôt pour parler de ses origines à un enfant adopté. Il a besoin de connaître son histoire pour bien se construire. A quel âge ? Avec quels mots ? Les réponses d’une spécialiste de la question, la pédopsychiatre Fanny Cohen Herlem.

« La grande majorité des adoptants sait aujourd’hui qu’il ne faut pas trop attendre pour informer son enfant sur ses origines », constate le docteur Fanny Cohen Herlem. « Mais beaucoup repoussent ce moment, de peur d’être moins aimés, de perdre leur statut de parents. Mon premier conseil est donc de se faire confiance, de faire confiance à l’enfant et à l’histoire que l’on est en train de construire avec lui. » Plus vous allez attendre, plus le sujet risque de devenir tabou et de susciter de l’anxiété. De toute façon, même les bébés le perçoivent inconsciemment. Les plus grands peuvent se retrouver confrontés aux questions de leurs copains en classe. Mieux vaut donc prendre les devants.

Des explications adaptées à chaque âge

S’il est important de dire la vérité car il en a besoin pour se construire, il ne s’agit pas de tout dire d’emblée. L’essentiel est de faire le lien entre le passé et le présent, de ne pas laisser de case vide dans son histoire. A un bébé, dites simplement « Nous sommes heureux que tu sois arrivé dans notre famille. Je ne t’ai pas porté dans mon ventre, mais je te porte dans mon cœur depuis longtemps. » Ne croyez pas que le fait de l’avoir dit une fois suffira. La question reviendra forcément, à des âges différents. Vous pourrez alors adapter vos explications.

L’occasion peut par exemple se présenter quand il vous demandera comment on fait les bébés. « Même si la maman n’a alors pas de photo d’elle enceinte à lui montrer, ils peuvent feuilleter des livres sur la grossesse », rappelle le docteur Fanny Cohen Herlem. C’est une bonne occasion d’expliquer que parfois, les mères biologiques ne peuvent pas élever le bébé qu’elles ont porté. Dernier conseil de la pédopsychiatre, « les parents ne doivent pas culpabiliser s’ils sont mal à l’aise. C’est tout à fait compréhensible. Et il ne faut surtout pas hésiter à se faire aider par un spécialiste. »

A lire avec lui : Mon petit poussin vert d’Adèle Sansone et Anke Faust, Edition Nord Sud ; Anika. Le jour où la grande famille s’est agrandie de Sophie Cotte, chez Rue du Monde  et Maman(s) d’amour de Josée Masse chez Album Gautier.

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