Alim’confiance : un bilan en demi-teinte ?

[25 mai 2018 - 14h58] [mis à jour le 25 mai 2018 à 16h01]

Mis en place depuis un an, le site Alim’confiance permet de vérifier le niveau d’hygiène des restaurants, cafés et autres établissements alimentaires. Si les notes obtenues sont très élevées, des biais sont aussi décelés… 

Depuis le 3 avril 2017, « le dispositif Alim’confiance permet aux consommateurs d’accéder aux résultats des contrôles sanitaires des établissements alimentaires* ». Objectif, donner un maximum de transparence aux Français sur le respect de la chaîne du froid et plusieurs autres critères d’hygiène.

Après une année d’inspection, le premier bilan vient de tomber. Résultats, « 95% de notes positives sur l’ensemble des établissements alimentaires », relève l’association Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV). Mais beaucoup de points de vente passent entre les mailles du filet. Exemple, « les poissonneries ne représentent que 0,6% des contrôles alors que leurs denrées sont fragiles ».

Un manque de… transparence ?

Mais le doute plane en comparant les résultats officiels des contrôles sanitaires à ceux publiés sur le site Alim’confiance : en 2016, un total de 8% des restaurants parisiens « avaient un niveau ‘à améliorer’ », avant la mise en place d’Alim’confiance donc. Contre « 2% via le dispositif Alim’confiance, soit 4 fois moins ». Un écart tel que les experts de la CLCV en viennent à se demander si les critères de notation sur Alim’France ne seraient pas trop souples.

« La CLCV va s’entretenir avec les pouvoirs publics pour s’assurer du fait que l’installation de ce système de transparence n’aboutisse pas, par un mauvais effet de compensation, à un système laxiste. »

Le biais est aussi géographique. Plus de la moitié des contrôles « a été effectué dans seulement quatre régions avec une forte prédominance de l’Ile-de-France. Des départements sont quasiment exclus de l’analyse ».

Renforcer les contrôles ?

La CLCV recommande « d’augmenter le nombre de contrôles pour les régions et les structures qui ont été le moins inspectées ». Par ailleurs, une révision du critère de notation pourrait davantage inciter « les professionnels à s’améliorer ». Et « pour les établissements et régions les moins bien notés, nous demandons la mise en place de processus d’amélioration rapide par les professionnels sous contrôle des autorités ».

Enfin, la CLCV appelle à plus de transparence pour les consommateurs concernant « les établissements agroalimentaires ».

A noter : les 3 régions les moins bien classées sont le Centre Val de Loire, la région PACA et les Hauts de France. 

*dans les lieux de vente en gros et marchés ainsi que sur les lieux d’abattage, certains rayons de commerce et les restaurants

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