Allaitement et VIH/SIDA : moins de risque de transmission

[24 avril 2013 - 11h42] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

L’allaitement exclusif ferait progressivement baisser la concentration en VIH dans le lait maternel. ©Destination Santé

Allaiter de manière exclusive pendant au moins 4 mois réduirait le risque de transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant. C’est en tout cas le constat d’une équipe américaine en Zambie. Cette solution est toutefois loin d’être idéale, sans traitement antirétroviral. En effet, le lait maternel constitue un réservoir du virus. Par conséquent, dans les pays développés, une jeune mère séropositive au VIH se voit recommander de nourrir son enfant au lait infantile pour prévenir tout risque de transmission. Mais dans les pays en développement, l’accès à ces aliments de substitution n’est pas toujours possible. Et les traitements antirétroviraux non plus ne sont pas toujours disponibles.

Louise Kuhn et son équipe de l’Université Columbia à New York (Etats-Unis) et du Children’s Hospital de Los Angeles ont suivi 900 mères séropositives au VIH et non traitées pendant deux ans, entre 2002 et 2004. Ils ont conseillé à ces femmes de nourrir leur enfant au sein pendant au moins 4 mois après la naissance. Ensuite, la moitié d’entre elles a été encouragée à arrêter, tandis que les autres ont poursuivi cette alimentation de manière exclusive. « Les mères du groupe ayant choisi le sevrage à 4 mois se sont vues fournir des préparations à base de céréales spécifiquement formulées et fortifiées pour des nourrissons de cet âge », précise Louise Kuhn.

Du lait maternel a été recueilli auprès de toutes les femmes 4 mois et demi après l’accouchement. Au cours de l’étude, les nourrissons ont été régulièrement testés pour une éventuelle transmission du virus. « Les plus fortes concentrations en VIH se trouvaient dans le lait des femmes qui avaient cessé d’allaiter à 4 mois », ont observé les auteurs. A l’inverse, « celles qui avaient continué au-delà de 4 mois, de manière exclusive, présentaient les concentrations virales les plus faibles dans leur lait. » Plus la concentration en virus est élevée, plus le risque de transmission l’est également. Résultat : un plus grand nombre de nourrissons a été infecté dans le groupe sevré après seulement 4 mois d’allaitement.

Des traitements pas toujours accessibles

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande depuis 2009 de « poursuivre l’allaitement jusqu’à l’âge d’un an, à condition que la mère séropositive au VIH ou que l’enfant prenne des antirétroviraux pendant cette période. Ce traitement réduit le risque de transmission et améliore les chances de survie de l’enfant ».  Or, « avant 2004, les traitements antirétroviraux adéquats n’étaient souvent pas disponibles dans de nombreux pays africains », précise Louise Kuhn. « D’ailleurs les femmes de la cohorte ne recevaient aucun traitement. Aujourd’hui encore, de trop nombreuses mères n’ont pas accès à un traitement antirétroviral au cours de l’allaitement.

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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