Allergies : les enfants, particulièrement à risque

[20 mars 2018 - 12h08] [mis à jour le 20 mars 2018 à 17h03]

Les enfants sont loin d’être épargnés par les allergies, et ce dès le plus jeune âge. À l’occasion de la Journée française de l’Allergie ce mardi 20 mars, l’association Asthme & Allergies appelle à se mobiliser pour agir mieux et plus vite face aux allergies des enfants. Le diagnostic tardif et la sous-estimation de ces pathologies chez les plus petits ont de graves conséquences sur leur santé.

« Il est intolérable en 2018 de laisser de jeunes enfants dans une situation d’abandon thérapeutique alors que des solutions de dépistage, de prévention -comme l’éviction- et des traitements existent », s’insurge Christine Rolland, directrice d’Asthme & Allergies. Ainsi, à l’occasion de la 12e Journée Française de l’Allergie, l’association souhaite mettre l’accent sur l’impact de ces maladies chez les plus jeunes.

« L’allergie est diagnostiquée très tard en France, 7 ans en moyenne entre l’apparition des premiers symptômes allergiques et la consultation d’un allergologue », explique l’association. Or ce sont « 7 années pendant lesquelles la maladie, non prise en charge, s’aggrave et dégénère… en asthme par exemple en cas de rhinite allergique ». Et les enfants sont particulièrement concernés.

Allergies plus fréquentes et plus graves

Pour preuve, des chiffres. « Un enfant qui naît aujourd’hui avec un parent allergique a un risque de 30 à 50% de le devenir lui-même », indique le Pr Jocelyne Just, pneumologue-allergologue pédiatrique et chef de service à l’hôpital Trousseau (Paris). « Dans les zones polluées, les enfants souffrent 2 fois plus d’asthme allergique et 3 fois plus d’eczéma que dans les zones où la pollution est plus faible », poursuit-elle. Enfin, « l’allergie alimentaire est 2 à 3 fois plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte ». Au point qu’« on estime que 10% des enfants sont asthmatiques ».

Autre facteur aggravant, l’ignorance. Les résultats d’un sondage IFOP réalisé en février 2018* révèle que « les Français sont loin d’appréhender la gravité du problème de l’allergie chez l’enfant ». Au total, « 87% d’entre eux ignorent que la maladie peut être diagnostiquée dès les premiers mois de l’enfant », note l’association. Par ailleurs, « ils sous-estiment globalement l’impact de cette maladie sur la scolarité ». Et ce alors que « l’asthme est la cause la plus fréquente d’absentéisme scolaire et 80 % des asthmes sont allergiques ».

Venez tchater !

À l’occasion de la Journée française de l’Allergie, l’association organise un tchat exceptionnel de 13h à 19h qui permettra d’échanger en direct avec des spécialistes de l’allergie. Rendez-vous sur le site de l’association ou sur le site internet de Sciences et Avenir qui relaie le tchat. Vous pouvez également suivre ce dialogue sur Twitter et Facebook.

A noter : en 20 ans, le nombre de personnes allergiques a doublé et l’OMS estime que 50% de la population mondiale sera affectée par au moins une maladie allergique en 2050.

*Du 21 au 23 février 2018, l’IFOP a interrogé pour l’association Asthme & Allergies 1 002 Français afin d’appréhender leurs connaissances sur les allergies, en particulier chez l’enfant

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