Alzheimer : un test génétique estime l’âge des premiers symptômes

[23 mars 2017 - 16h55] [mis à jour le 23 mars 2017 à 16h56]

A partir de l’analyse de 70 000 séquences d’ADN, des chercheurs américains viennent de mettre au point un test innovant. Ce dernier permet de prédire l’âge probable auquel la maladie d’Alzheimer risque de se développer.

Les mutations du gène APOE sont associées à la survenue de la maladie d’Alzheimer. Leur présence dans le patrimoine génétique permet d’évaluer le risque de développer cette atteinte neurodégénérative. Pour autant, l’absence du gène APOE n’écarte pas pour autant le risque de déclarer cette pathologie incurable.

Comment prédire alors la vulnérabilité des personnes non porteuses du gène APOE face à la maladie d’Alzheimer ? Pour le savoir, les scientifiques de l’Université de Californie (San Diego, Etats-Unis) ont analysé 31 marqueurs génétiques repérés sur 70 000 séquences d’ADN. Parmi ces marqueurs, les scientifiques ont déterminé de nouveaux gènes associés au risque de développer la maladie. Des données qui ont permis aux auteurs de mettre au point un nouveau test de dépistage.

Une prédiction 10 ans en avance ?

Ce test consiste à croiser les données génétiques avec l’âge du patient. Objectif, estimer l’âge probable d’apparition des premiers symptômes. Dans le détail, un score élevé au test révèle qu’un individu risque de développer les symptômes annonciateurs dix ans plus tôt comparés aux personnes ayant un score faible. Ce test présente donc deux avantages : « prédire le risque de développer la maladie d’Alzheimer mais aussi estimer l’âge probable d’apparition des premiers symptômes », explique le Dr Anders, principal auteur de l’étude.

Cette méthode permettrait à terme de renforcer la prévention. En repérant mieux les profils à risque, les essais cliniques seraient en effet mieux ciblés. Il sera plus facile de « déterminer quels patients sont plus susceptibles de répondre à une nouvelle thérapie ».

Petit bémol, il existe « des limites à cette étude qui ne comprend en grande partie que des séquences d’ADN prélevées auprès de population européenne », notent les scientifiques. Des travaux effectués à partir d’échantillons plus mixtes incluant des populations afro-américaines et latines seront nécessaires à l’avenir pour confirmer l’universalité de ce test.

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