Androcur et méningiome : des recommandations officielles

[09 octobre 2018 - 14h14] [mis à jour le 09 octobre 2018 à 14h16]

Le traitement par Androcur est associé à un risque augmenté de méningiome. L’ANSM publie les recommandations à destination des professionnels de santé pour la prescription de ce médicament pour lequel il n’existe parfois pas d’alternative.

L’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) publie aujourd’hui des recommandations à destination des professionnels de santé relatives à l’utilisation de l’acétate de cyprotérone (Androcur et génériques) pour encadrer le risque de méningiome. En effet, une étude menée par l’Assurance-maladie et le service de neurochirurgie de l’hôpital Lariboisière à Paris avait mis en évidence une augmentation du risque de méningiome chez les patients traités par acétate de cyprotérone à fortes doses (à partir de 6 mois de traitement).

Ces recommandations ont été élaborées avec la contrainte de « l’absence d’alternative médicamenteuse autorisée pour la prise en charge des patientes présentant un hirsutisme sévère avec un retentissement sur leur vie psycho-affective et sociale », précise l’agence.

Contre-indications et posologie maximale

Le texte destiné aux professionnels de santé indique ainsi que :

– Les indications hors-AMM telles que l’acné, la séborrhée et l’hirsutisme modéré sont à proscrire ;
– L’utilisation chez l’enfant et la femme ménopausée n’est pas recommandée ;
– La prescription (indication et posologie) doit être réévaluée annuellement en tenant compte du rapport bénéfice / risque individuel et de l’évolution des symptômes ;
– La posologie minimale efficace permettant de contrôler les symptômes doit être utilisée ;
– Les utilisations prolongées et à fortes doses sont à proscrire (effet dose cumulée avec risque multiplié par 7 pour l’ensemble des patientes traitées pour une durée de plus de 6 mois et risque multiplié par 20 au-delà de 5 ans de traitement à posologie de 50 mg/j sur un cycle).

Suivi par imagerie médicale

En outre, une surveillance radiologique dans le cadre du traitement est préconisée. Ainsi, « une imagerie cérébrale par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) doit être réalisée en début de traitement pour tous les patients », note le texte. « En cas de poursuite de traitement, l’IRM sera renouvelée à 5 ans puis tous les 2 ans si l’IRM à 5 ans est normale. »

Concernant les hommes amenés à prendre un traitement par Androcur pour un cancer de la prostate, il est essentiel de réaliser une IRM avant le début du traitement pour s’assurer de l’absence de méningiome.

Pour davantage d’informations, un numéro vert (0.805.04.01.10) est accessible.

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