Antibiotiques : une consommation à la hausse depuis 2010

[11 janvier 2017 - 16h14] [mis à jour le 11 janvier 2017 à 16h49]

Située au 4e rang dans le classement européen, la France accuse une consommation d’antibiotiques supérieure à la moyenne du continent. Pour plus de détails, l’ANSM vient de publier un rapport intitulé « Evolution des consommations d’antibiotiques en France entre 2000 et 2015 ».

Contrairement à leurs voisins scandinaves et allemands, les Français ont la main lourde sur les plaquettes d’antibiotiques. En effet le pays se trouve toujours parmi les plus gros consommateurs d’Europe confirme l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) dans son rapport publié ce 10 janvier.

Entre 2000 et 2015, la prise d’antibiotiques a diminué de 11,4%. Mais à partir de 2010, cet usage est reparti à la hausse avec une augmentation de 5,4%. Les données rapportées en ville regroupent à elles seules 93% de la consommation nationale. Contre 7% à l’hôpital. Très variables, les durées de prescription s’étalent en moyenne sur 9,2 jours.

Le risque d’antibiorésistance

A l’échelle nationale, « ce niveau élevé est très préoccupant car une utilisation non maîtrisée des antibiotiques est responsable du développement des résistances bactériennes », rappelle l’ANSM. Et donc d’une moindre efficacité des molécules..

Pourtant, les médicaments les plus générateurs d’antibiorésistance sont aussi… les plus consommés. Il s’agit de la « pénicilline et notamment de l’association amoxicilline-acide clavulanique ». Les carbapénèmes, pénicillines ultrarésistantes, sont eux aussi de plus en plus utilisés. En revanche les quinolones, prescrites contre les affections urinaires, intestinales, génitales et ORL sont de moins en moins employées.

Autres phénomènes révélés par le rapport de l’ANSM, l’impact du manque d’approvisionnement des antibiotiques et la lente progression de la recherche scientifique. « L’éventail des solutions de recours que constituent les antibiotiques dits « de réserve » s’appauvrit en raison de la diminution du nombre de substances disponibles et d’une innovation thérapeutique trop modeste. »

Des prescriptions raisonnées

Selon l’ANSM, une amélioration quantitative et qualitative des ordonnances s’avère indispensable. « Les prescriptions inadaptées, inutiles ou trop longues doivent être évitées. Le bon usage demeure ainsi plus que jamais une priorité. »

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