Alors que le Gouvernement vient d’adopter une feuille de route pour lutter contre l’antibiorésistance, les données sur la consommation et la résistance aux antibiotiques dans l’Hexagone ont été publiées. Et ce sur un période de 10 ans (2005-2015). Résultat, en médecine de ville cette consommation ne diminue pas, alors qu’elle est à la baisse en santé animale.

Cette publication intervient au moment de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques. En 2015, plus de 786 tonnes d’antibiotiques destinés à la santé humaine et 514 tonnes consacrées à la santé animale ont été vendues en France. En santé humaine, plus de 90% des antibiotiques sont consommés en médecine de ville. A noter qu’à elle seule, l’amoxicilline représente 37,6% de la prescription d’antibios.

Cette dernière, malgré les actions engagées depuis le début des années 2000, reste élevée en santé humaine en France. Elle est globalement en augmentation sur les dix dernières années en secteur de ville et stable en établissements de santé. La France se classait respectivement aux 3e et 7e rangs des pays européens les plus consommateurs en 2014.

Néanmoins, en 2015, l’utilisation en ville s’établit à un niveau inférieur à celui observé avant 2001, année du premier plan d’alerte sur les antibiotiques. Dans les établissements de santé, la consommation est restée stable.

Du côté de la santé animale, depuis 2005, grâce aux différentes actions menées dans les filières, l’exposition aux antibiotiques a diminué de 48%. Rien qu’entre 2011 et 2015, elle a baissé de 20%.

Qu’en est-il de l’antibiorésistance ? Les laboratoires d’analyses de biologie médicale de ville du réseau Medqual rapportent une proportion de staphylocoques dorés résistants stable depuis presque 10 ans. En revanche, ils notent une augmentation de la résistance aux céphalosporines de 3e génération chez E. coli de 1% en 2006 à 4% en 2013.

Des pistes de progrès figurent dans le plan d’alerte sur les antibiotiques. Il s’agit par exemple de rationaliser les durées de traitement en arrêtant les antibiotiques lorsqu’ils ne sont plus nécessaires. Ou encore de modifier les traitements pour mieux les adapter au type d’infection et à la bactérie dès qu’elle est identifiée, en délivrant, à chaque fois que possible, des antibiotiques à spectre plus étroit.

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